Prix Marguerite-Duras 2018

Le prix Marguerite-Duras 2018 a été décerné à Julien Thèves pour son livre Le Pays d’où l’on ne revient jamais.

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La madrivore dans la sélection du National Book Award 2018

 TRANSLATED LITERATURE LONGLIST

TRANSLATED LITERATURE LONGLIST

Nous sommes fiers d’annoncer que le roman Comemadre (Coffee House press, 2018), traduction anglaise de La comemadre, écrit par l'argentin Roque Larraquy (Editorial Entropía, 2010), que nous avons traduit et publié en 2015 sous le titre La madrivore, est dans la sélection du NATIONAL BOOK AWARD

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Rentrée - Le Pays d'où l'on ne revient jamais - Prix Marguerite-Duras - Hendaye - Le Camion - Marseille - 

Cette année, nous ne ferons pas la rentrée littéraire pour la simple et bonne raison que nous n'avons pas trouvé LE texte. Nous ne pouvons pas nous permettre de publier pour publier, car nous, ce que nous aimons, c'est succomber à un texte, une écriture, une originalité, une particularité, et, heureusement, trouver le texte et cette sensation d'être au bord du gouffre qui va avec, c'est rare. Cela peut être vraiment éprouvant, vous savez ? Bien sûr que vous savez, puisque vous aussi vous lisez des livres et connaissez sûrement cette sensation : être bousculé au point de chanceler. Chanceler, n'est-ce pas l'une des plus belles manifestations de la passion ?

Cette année, nous ne serons pas au rendez-vous de la rentrée littéraire, nous n'embêterons aucun libraire avec nos épreuves, nous ne serons pas parmi les 567 romans attendus entre fin août et début octobre, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas là, d'ailleurs notre entrée en littérature, sur la scène littéraire, c'était il y a quelques années. Nous sommes peut-être jeunes, mais nous sommes avertis.

Juste avant l'été ont paru deux romans français, que vous pouvez toujours découvrir, deux nouveautés qui, selon certains, valent qu'on s'y arrête. Rentrée littéraire ou pas. Parce que le plus important, ce sont les découvertes littéraires, et ces découvertes-là n'ont besoin d'aucune foire, d'aucune cérémonie, d'aucune rentrée littéraire pour exister.

Sortis en avril et en mai, ces deux livres ont souffert de notre manque de visibilité, nous vous épargnons le détail, mais c'est une fragilité que nous partageons avec nombre de nos confrères indépendants. C'est pour cela que rentrée littéraire ou pas, nous avons besoin de vous, de votre curiosité, de votre désir de découverte.

Le premier, écrit par Julien Thèves, s'intitule Le Pays d'où l'on ne revient jamais, un roman qui nous amène là où vivent nos souvenirs, dans les entrailles de l'enfance. On se laisse bercer par son écriture poétique, le livre de Julien, c'est une contemplation. Nous avons appris il y a quelques jours qu'il était dans la sélection du Prix Marguerite-Duras 2018 !
Le deuxième, Le Camion, est le premier roman de Neige Sinno, une marseillaise exilée au Mexique que nous avons eu le plaisir de rencontrer en juin sur sa terre adoptive du Michoacán, près de Pátzcuaro. Dans ce roman étonnant, oral, une bande d'amis rêvent de voyage. Ce n'est pas un livre nostalgique, ni un road book, c'est un roman d'aventures qui se passe dans un camion qui n'avance pas très vite, mais qui va quand même plus loin que prévu. 

Ces deux romans ont une forte personnalité, nous attendons votre avis. Vous pouvez les trouver en librairie, et quand ils ne le sont pas, les commander auprès de votre libraire. Nos livres sont diffusés et distribués par Harmonia Mundi Livres.

lire notre lettre d'information dans son intégralité

Julien, hier soir, sur une plage de la ville de son enfance, la ville de son roman, la fameuse ville de H, Hendaye. (Avez-vous saisi le visuel de couverture ?)

Neige, son livre, sa fille et le petit avion en papier que je lui ai fabriqué, Pátzcuaro, Michoacán, en juin. (Notez le hasard de la chose : nous avons pris cette photo dans le jardin de Neige, dans la langue de la région, le purépecha, Pátzcuaro signifie « lieu des pierres ».)

Julien pendant la rencontre à la Librairie Les Mots à la Bouche à Paris, en avril.

Neige chez elle et la vue sur la colline.

Lisez notre lettre d'information complète ici.

Le Pays d'où l'on ne revient jamais - Julien Thèves

On aimerait vous rappeler que le roman de Julien Thèves, LE PAYS D'OÙ L'ON NE REVIENT JAMAIS, est toujours en librairie, et on aimerait qu'il y reste suffisamment longtemps pour vous trouver, parce que quand vous l'aurez entre les mains, que vous l'ouvrirez, vous plongerez dans vos souvenirs, dans les entrailles de l'enfance, et puis vous verrez aussi que ce pays d'où l'on ne revient jamais, c'est le pays d'où l'on ne part jamais, même si l'on s'évertue à essayer de le faire, même si l'on a l'illusion de l'avoir fait.

« Quand je retourne à Hendaye, je suis toujours étonné que le temps soit passé si vite, la ville est immuable, l’appartement d’adolescence aussi, et pourtant la vie nous emporte, nous vieillissons sur les photos accro- chées au mur, ma mère vieillit doucement, on ne se rend pas compte qu’on vieillit, nous le voyons sur les photos. Nous retrouvons nos parents, une fois, deux fois par an, chaque année un peu plus vieux, un peu plus marqués, ils portent encore en eux, pourtant, tous les échos de leur vie.

Leurs souvenirs d’enfance.

Nos souvenirs d’enfance.

Leurs souvenirs de toutes sortes, au travail, avec leurs amis, avec nous les enfants, avec leurs petits-enfants désormais. Ils portent en eux le souvenir de leurs pa- rents, de ce temps si ancien dont ils ont plaisir à parler, à présent – que nous avons plaisir à écouter.

C’est comme si le temps n’existait pas, n’existait plus, c’est comme si les bombes de la deuxième guerre mon- diale, celles de l’ETA et les attentats d’aujourd’hui ne formaient qu’une seule ligne sonore. Comme si leurs parents étaient encore vivants, dans leur tête, à leur parler, à vivre en eux. Ils vivent en nous – nos parents et nos grands-parents. »

Jean-Baptiste Aubert au festival du Premier roman de Chambéry du 24 au 27 mai

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, je dirai même on fait tout ce que l’on peut avec le peu qu’on a. Cela nous pousse à faire des trucs un peu insensés dont on ne mesure pas du tout le degré de folie, par exemple, faire des livres, cela peut paraître simple comme ça, mais on vous l’assure, ce n’est pas si facile que ça en a l’air, parce que faire un livre, ce n’est pas choisir un texte parmi les centaines que l’on reçoit et se dire allez celui-là on le fait imprimer et on le publie. Faire un livre c’est être persuadé qu’un texte qu’on a eu la chance de lire parmi les innombrables reçus est une évidence, parce qu’il apporte quelque chose au monde, une humanité, tous ces trucs qu’on ne peut pas forcément définir parce qu’ils touchent à l’universel, c’est comme être sous un ciel rempli d’étoiles, tellement lumineuses et tellement nombreuses qu'on a la tête qui tourne, et se sentir petit face à cette beauté et l’immensité. Trouver un texte, c’est recevoir une étoile qui a filé du ciel pour tomber jusque dans nos bras.

En 2016 nous avons reçu un texte intitulé 11 ans, il y est question d’un garçon de 11 ans, qui peine à comprendre notre monde qu’il trouve bien absurde. Kevin, c’est son prénom, est une étoile, à ne pas laisser filer, comme ces 100 à 150 enfants qui décident de mettre fin à leurs jours chaque année en France. 

Jean-Baptiste Aubert, l’auteur, signe un premier roman fort, authentique, utile. Et comme tout sujet qui fait peur, en parler ça fait du bien, ça fait du bien à la société. 

11 ans a été retenu par le festival du Premier roman de Chambéry. Ce petit texte lumineux a fait son chemin, malgré les difficultés, nous l’avons publié et on en est très fiers, c’est là que l’on prend conscience de notre rôle de passeur, c’est là que, même au milieu de la tempête, des angoisses, on se regarde et on se dit que l’on doit continuer, on doit s'accrocher, trouver des solutions, on doit faire passer ces messages qui nous sont envoyés. Il n’y a pas de hasard, il y a des rencontres, les choses ont un sens.

Voici toute la programmation de la 31e édition du festival qui se tiendra du 24 au 27 mai, vous y découvrirez tous les auteurs lauréats.

Et, bien sûr, on vous invite à découvrir le livre d’ici là.

Quelques liens pour vous ternir informés :

http://www.christophelucquinediteur.fr/onze-ans/
http://www.festivalpremierroman.com/ED30/
https://www.facebook.com/festivalpremierroman
 

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Julien Thèves nous parle du roman de Neige Sinno qui a paru aujourd'hui

L’action commence comme ça : il y a des prénoms, et un camion, des relations entre les êtres.

Ils sont jeunes, c’est Marseille, c’est la Méditerranée, et c’est le camion perché au-dessus de l’eau.

Le camion ne bouge pas, vient qui veut, c’est comme dans la chanson : c’est une maison bleue / ceux qui vivent là / ont jeté la clé.

Je ne sais plus de quelle couleur est le camion.

Le camion, c’est le lieu de tous les possibles : les voyages, l’amitié, l’amour.

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Marc Dugain parle de L'HOMME DE MIEL dans le supplément week-end du journal Les Échos

Marc Dugain a visiblement été ému par L'HOMME DE MIEL, il en parle dans son billet du supplément week-end du journal Les Échos. Des mots justes, merci.

« [...] si vous n'aimez pas les séries et que vous êtes fatigués de l'actualité je vous recommande un très beau livre, écrit par un homme qui nous entraîne dans une autre humanité, la sienne. Olivier Martinelli dans L'Homme de miel (chez Christophe Lucquin Éditeur) raconte très pudiquement l'histoire d'un héros qu'il ne prétend pas être devant la découverte d'un ennemi invisible, le cancer qui lui a déjà rongé une vertèbre. Atteint jeune de ce qu'il nomme lui-même un « miel-homme », Olivier Martinelli raconte sa lutte pour sa survie, entouré de ses jeunes enfants, de sa femme et de vrais amis. Ce texte ramène à l'essentiel, cet essentiel dont on dérive progressivement jusqu'à ce qu'un jour on y soit ramené brutalement. »

Neige Sinno, auteur de LE CAMION, nous parle du livre de Julien Thèves, LE PAYS D'OÙ L'ON NE REVIENT JAMAIS

« Rien n’aura eu lieu que le lieu ». Cette phrase bizarre de Mallarmé tournait dans ma tête quand je lisais Le Pays d'où l'on ne revient jamais. C’est une phrase que je n’ai jamais comprise, mais qui pourrait être expliquée ainsi, par ce texte beau et triste, solitaire, qui n’ouvre des portes sur l’intériorité que pour les refermer aussitôt, comme apeuré par ce qu’il pourrait trouver.

Il y a des paysages dont la présence est si forte que notre existence en eux n’a pas de place. On y passe, aussi vite effacés, et notre passé qui s’y est pourtant déroulé semble imaginaire, même celui de l’enfance, pourtant si intense, si intensément immuable.

L’enfance, écrit Julien Thèves, « n’est pas un territoire illimité, on bute toujours sur le même angle, les mêmes murs, rien ne s’est passé ». C’est ce vertige que j’ai ressenti souvent à la lecture, vertige de notre propre disparition, impensable et cependant approchée de près ici, quand on comprend que de nos enfances il ne reste rien, et que rien n’a eu lieu. En même temps, ce n’est pas un livre sur l’enfance, d’ailleurs il ne contient pas de souvenirs d’enfance comme on en a l’habitude dans les autobiographies ou récits à la première personne (le souvenir d’enfance toujours perçu rétrospectivement, pour expliquer quelque chose du présent). Les enfants sont là, ils passent à travers le lieu, on les voit petits entourés des marques de leur époque, symboles étranges contenus dans des noms de marques, d’émissions de télé, de chanteurs, mais ils sont là sans y être, témoins furtifs d’un monde en suspens.

Le narrateur est mis à distance, il ne peut pas revenir dans ce pays dont il a été banni par le temps ; en réalité, il a toujours été à l’écart. Il n’a jamais eu de lieu propre, il fait partie des « gens pas d’ici », et cette non-appartenance est partie prenante dans la mélancolie du livre.  Elle se doublera plus tard de la distance de ceux qui ont quitté leur lieu, ce qui permet de le voir différemment, en tant que lieu justement, et pas en tant que prolongement de soi.

Il y a quelque chose de Duras dans la litanie de Julien Thèves, une façon de tourner autour des choses dans des phrases très brèves, précises, chargées de sens comme un nuage lourd de pluie. Pourtant la tragédie attendue n’arrive pas. À sa place, un mystère : pourquoi tant de tristesse ? Le texte devient peu à peu une exploration de cette énigme, et le lecteur – peut être un peu dérouté au début par l’ordinaire de l’histoire familiale, des parents divorcés, une mère envahissante – se met tout à coup à lire avec frénésie, à la recherche, comme le narrateur, de ce qui expliquerait le ton du livre. Ainsi, l’évocation du passé, des êtres proches ou jamais assez proches, du lieu lui-même deviennent des invocations, des appels au pouvoir du langage pour éclairer un peu le puits sans fond de la solitude.

Puisque j’ai parlé de Duras, je me permets de mentionner ce qui est pour moi le seul défaut de ce texte, qui est celui d’une grande part de la littérature française contemporaine (je m’inclus là-dedans) : son absence d’humour. Nous nous prenons bien au sérieux, nos soucis, nos amours et nos désamours, nos abîmes, et l’écriture aussi. Nous avons sur nos épaules le poids d’un passé (littéraire, scolaire, symbolique) qui nous plombe les ailes et qu’il est sans doute temps de secouer un peu. Mais ici c’est l’authenticité qui prime, un engagement que prend le narrateur d’arpenter ses propres frontières, une décision qui est pour lui une souffrance, et cela justifie qu’il y ait peu de place pour la dérision. Cette exploration m’a semblé courageuse et, paradoxalement, car aucune conclusion ne s’impose, aboutie. On sent que le cercle s’est refermé, on ne sait trop comment, quand on referme le livre, et que même les profondes blessures finissent par être assainies par le vent du large.

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Neige Sinno est l'auteur de Le Camion, à paraître le 3 mai 2018.

Julien Thèves à la librairie Michèle Ignazi à Paris

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Lecture d'extraits :

Hier soir c’était le lancement en avant première du livre de Julien Thèves, Le Pays d’où l’on ne revient jamais, à la librairie Michèle Ignazi. Un grand merci à Michèle Ignazi pour son accueil, ainsi qu'à Mathieu Hippeau et Fabienne Jacob pour leur participation. 

Un livre qui parle de lui et de nous tous. Un jour une éditrice m’a dit que les bons textes étaient ceux qui partaient de leur auteur pour aller vers les autres, tous les autres, le texte de Julien est de ceux-là, son histoire est aussi bien la sienne que la mienne que la vôtre, elle est universelle. Hier soir, il y avait du monde à la librairie, des hommes, des femmes, qui ont sûrement compris qu’ils se retrouveraient un peu beaucoup dans ces pages délicates, car la langue de Julien est délicate, douce, lancinante, lucide. Ce serait la fin d’un automne ou celle d’un été orageux avec la chape de nuages et le ciel bleu gagnant, aussi bien un hiver doux basque ou de bien d’autres ailleurs qu’un début de printemps, on pourrait avoir les yeux entre l’océan et le ciel, entre la Seine et le ciel en regardant vers l’ouest ce dernier qui s'éteint, il est un peu tout ça le livre de Julien, un peu de toutes les saisons. C’est une contemplation.

Alors, bien sûr, on aimerait partager ce livre avec le plus grand nombre d'entre vous, on vous invite à le découvrir en librairie à partir du 5 avril, date de sa sortie officielle. Et pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, préférez le site de la maison (frais d’envoi gratuit pour la France) à Amazon !

Plus d'informations (avis libraires, extraits, boutique en ligne, etc) ici

 

 

Merci à Olivier Martinaud pour la Photo de Julien Thèves et Mathieu Hippeau.

 5 avril 2018 | 13 × 19 cm | 184 pages 19 € | 978-2-36626-128-8

5 avril 2018 | 13 × 19 cm | 184 pages
19 € | 978-2-36626-128-8

rencontre avec Julien Thèves

Nous serons très heureux de vous retrouver le mardi 20 mars 2018 à la librairie Michèle Ignazi, à l'occasion de la sortie du roman de Julien Thèves, LE PAYS D'OÙ L'ON NE REVIENT JAMAIS.

Au programme : discussion avec Mathieu Hippeau et lecture avec Fabienne Jacob et l'auteur.

En attendant, vous pouvez nous retrouver sur le stand de la région Île-de-France (P68) du 16 au 19 mars 2018

Naturellement

Aujourd'hui, quand la tendance est à adopter les modes, aussi bien graphiques que de contenu, rester naturel est une leçon. La vérité, c'est que nous savons tous que les modes finissent par passer, par être oubliées, par être remplacées.

Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi le blanc et le bleu, je ne sais pas d'où vient le cercle. Tout est arrivé naturellement.

Je ne peux pas faire un discours grandiloquent qui présenterait notre identité ; d'abord, parce que cela ne serait pas naturel ; ensuite, parce que je ne considère pas que cela soit une nécessité ; et en fait, parce que pour nous et quelques autres, tout est clair : il suffit de mettre nos livres les uns à côté des autres pour se rendre compte qu'il existe quelque chose de subtil, qu'on ne saurait trop définir, mais qui est là. Nous avons la certitude que, à la différence de tout ce qui passe et est remplacé, le naturel, le sincère, la simplicité restent toujours.

C'est peut-être pour cela que chaque fois qu'un nouveau livre nous arrive et que nous le découvrons nerveusement, nous sommes fiers de constater que cette manière naturelle que nous avons de faire les choses est toujours là, fragile et en même temps inscrite dans une sorte de continuité, au service d'un but impalpable.

Nous venons de recevoir deux nouveaux livres :

Le Pays d'où l'on ne revient jamais, de Julien Thèves, parution le 5 avril

Le Camion, de Neige Sinno, parution le 3 mai

Ils seront au salon du livre de Paris, avec nous. Ce sera toujours un plaisir de vous rencontrer.

on avance, on avance, on avance

Voici une photo qui illustre bien ce qui nous est arrivé avec Le Camion, premier roman de Neige Sinno. Après quelques difficultés, il était clair que Le Camion n’arriverait pas à destination le 18 janvier, comme il était prévu depuis des semaines. Parfois, il suffit d’un rien pour mettre en danger un voyage, regardez ce qui s’est produit récemment avec l’épisode neigeux qui a bouleversé la France et paralysé Paris, Le Camion qui est un peu Paris, un peu la France et beaucoup de nous tous, puisqu’il parle des rêves de jeunesse, est encore pris dans la poudreuse, mais il avance, oui, il avance doucement, et à chaque mètre gagné il est plus léger de quelques kilos de neige, fend le vent, le poudrin ne l’empêchera pas d’avancer, la neige fond, il avance et bientôt, en mai, il surgira dans un bel horizon bleu, bercé par la douceur neuve du printemps qui réchauffe, il sera le 3 mai en librairie. Merci à David Meulemans pour cette note d’espoir.

Puis J'ai pensé à On avance, la chanson d'Alain Souchon, et à toute cette nostalgie et douce mélancolie teintée d'espoir impalpable, c'est impossible d'exprimer avec des mots tout ce que l'on ressent, alors on fait avec ce qu'on a. On fait avec ce qu'on a et on avance, car, de toute façon, il est trop tard pour faire la route dans l'autre sens.

http://www.christophelucquinediteur.fr/le-camion/ 

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On avance, on avance, on avance. 
C'est une évidence : 
On a pas assez d'essence
Pour faire la route dans l'autre sens. 
On avance. 
On avance, on avance, on avance. 
Tu vois pas tout ce qu'on dépense. On avance. 
Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense. 
Il faut qu'on avance.

Nous aimerions pouvoir exprimer, de manière simple et claire, les sentiments que brassent en nous nos livres, nous essayons mais nous pensons toujours que quelque chose nous échappe. Par exemple, personne ne peut voir comme on est tout entier et personne n'est comme on le voit. Comment réussir à mettre des mots sur quelque chose d'aussi spontané qu'un sentiment réveillé par des mots et qu'on ne peut exprimer totalement avec des mots ? Alors, nous préférons laisser la parole aux libraires. Nous avons toute confiance en leur regard neuf. Voici deux étoiles, elles seront dans notre ciel le 15 mars et le 3 mai.

Bonne lecture.

Pour voir notre dernière lettre d'information, c'est ici et aussi juste en dessous en photos :)

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Christophe Lucquin Éditeur sur Kroniques.com, le blog d'Amandine Glévarec

Amandine Glévarec a lancé kroniques.com, blog où elle partage avec nous son enthousiasme pour le monde du livre et toute sa passion pour la littérature. Après avoir inauguré sa nouvelle série consacrée aux maisons d'édition avec David Meulemans, l'éditeur de la maison Aux forges de Vulcain, elle m'a contacté il y a quelques jours. J'ai accepté de répondre à ses questions. Voici l'entretien :

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« [Interview] Comment (se faire) publier : Christophe Lucquin Éditeur. Un grand merci à Christophe qui ne nous cache rien, ni les difficultés, ni les problématiques liées à la diffusion/distribution, et qui surtout - malgré tout - reste passionné par son métier, par les mots et par la littérature. Une belle maison à découvrir de toute urgence si vous ne la connaissez pas encore ! »

Amandine Glévarec – Cher Christophe, quel cursus as-tu suivi ?

Christophe Lucquin – J’ai commencé en droit, que j’ai abandonné pour les langues et l’anthropologie. Ce n’est pas que le droit ne m’intéressait pas, mais au bout de quelques semaines de cours, je me suis posé la question « est-ce que tu te vois vraiment poursuivre dans ce domaine ? » et ma réponse a été « non ». Les langues, c’était par facilité, parce qu’après 35 heures de cours par semaine en droit, les 16 heures en langues c’étaient les vacances à côté. Je crois que je n’ai jamais étudié ce que j’aurais réellement aimé étudier. Enfin, j’ai délaissé l’anthropologie que je faisais en parallèle, car mes études de langues m’ont mené à Madrid (en réalité, c’est une histoire de cœur qui m’a fait partir), où je suis resté trois ans.

A. G. – Comment es-tu entré chez Métailié ?

C. L. – Quand je suis arrivé de Madrid, j’ai d’abord trouvé un poste de rédacteur dans un magazine spécialisé : Hot Vidéo. J’ai démissionné au bout de quatre mois. Au début, je pensais que ce serait une expérience un peu cocasse, puis j’ai commencé à éprouver beaucoup d’ennui, l’ambiance n’était pas terrible, les collègues un peu trop excités de base. Quatre mois c’est peu de temps, mais j’ai pu me rendre compte que le sexe brassait beaucoup d’argent. C’était aussi tellement une caricature : par exemple, le patron passait deux semaines par mois à Los Angeles. Dans les locaux du magazine, il était toujours en chemise hawaïenne et marchait pieds nus. Nous étions à la Plaine Saint-Denis, sur un grand boulevard, c’était très gris par là-bas, mais au dernier étage du petit immeuble neuf qui abritait le magazine, au-delà du fouillis des routes et de toute cette zone grise, il y avait une très belle vue sur le Sacré-Cœur. Ce n’était pas la vue à laquelle le touriste est habitué, c’était le Sacré-Cœur de dos. Ce fut la seule chose agréable de cette expérience.

Je me suis donc remis à chercher un job, parce que le RSA, contrairement à ce que certains pensent, n’est pas très confortable. Je n’avais pas droit au chômage, puisque j’avais démissionné. Je me souviens avoir envoyé une candidature spontanée aux éditions Métailié. Pourquoi ? je n’en sais rien, peut-être ai-je pensé tiens une maison spécialisée en littérature latino-américaine, il y a sûrement un peu de cela. Un jour, je reçois un appel des éditions Métailié, je suis convié à un entretien. J’arrive 5, rue de Savoie (l’ancienne adresse). Je vois cette jolie femme d’un certain âge, elle m’impressionne un peu, je dois dire, Anne-Marie Métailié, c’est un personnage, alors quand vous vous retrouvez en tête à tête avec elle, pour la première fois, c’est déstabilisant, surtout pour moi qui, même si je ne connaissais pas grand-chose au monde de l’édition, savais ce qu’elle représentait. Et donc, Anne-Marie Métailié me confie que c’est la lettre que je lui ai écrite qui a retenu son attention. Au bout de quelques minutes, on se dit au revoir, elle me dit qu’elle va me recontacter bientôt, ce qu’elle fait quelques jours plus tard. Au téléphone, elle me dit « vous vous rendez compte que j’ai vu des filles qui ont des cursus d’édition et que j’ai envie de parier sur vous ? » Je lui réponds que oui je m’en rends compte, et que je ferai de mon mieux. C’est ainsi que je deviens son assistant.

A. G. – Qu’y apprends-tu du métier d’éditeur ?

C. L. – C’est aux éditions Métailié que j’ai appris les ficelles et les dessous de l’édition. J’ai compris que c’était une chaîne énorme et lourde, qui tourne, certes, mais avec des défaillances. J’ai appris qu’il y avait plusieurs acteurs dans cette chaîne, que beaucoup méconnaissent : il y a l’éditeur, mais il y a aussi l’importance toute première du diffuseur et de son équipe commerciale qui parcourt le territoire pour présenter les ouvrages de leurs éditeurs. J’ai compris ce que représentait un livre, le travail qu’il y a autour, le travail de l’éditeur, d’accompagnement qu’il fait et, surtout, j’ai compris que publier un livre, c’est comme jouer au jeu. C’est investir de l’argent, beaucoup d’argent, c’est prendre des risques pour des retombées limitées, voire nulles. Bien sûr, c’est investir de l’énergie, beaucoup d’énergie, et beaucoup de temps. J’ai fait la connaissance d’auteurs, c’était la première fois que je parlais à des auteurs. Avec certains, j’ai pu garder des liens. J’ai appris tout ce qui était derrière, tout ce qu’on ne sait pas forcément, et donc, j’ai compris que ce n’était pas facile et qu’une maison ne peut exister sans des gens passionnés.

Aussi, j’ai appris qu’une maison indépendante pouvait être achetée par un groupe : c’était l’époque où les éditions Métailié étaient secrètement en vente. J’ai appris qu’une maison d’édition c’était une entreprise.

A. G. – Fin 2010, tu lances ta propre maison d’édition, qui porte ton nom. Dans quelles circonstances as-tu décidé de te lancer ? Quel bagage (connaissance du milieu, assurances financières, compétences) avais-tu ? Cela engendre des questionnements, par exemple la distribution, le placement en librairie, et bien sûr la visibilité dans la presse…

Je vous invite à lire la suite sur kroniques.com

 

Premiers retours de libraires sur LE CAMION de Neige Sinno

Librairie Charybde (Paris), Hugues Robert
« Une bande d’amis, un camion rapiécé, un voyage presque immobile et pourtant formidablement intense, pour un premier roman au charme à la fois simple et extravagant. » [lire la suite]

Librairie Au Brouillon de culture (Caen), Martin Knosp
« Derrière ces six amis rassemblés autour d'un camion qui n'avance nulle part, Neige Sinno nous propose un texte très fort et d'une grande sensibilité, qui rend compte du sentiment collectif de toute une génération. Il y a une vraie douceur dans le traitement de ses personnages par l'auteur et entre eux, au sein de cette communauté d'amis. Comme si elle allait être confrontée inéluctablement à l'hostilité du monde et qui rend l'attachement du lecteur encore plus prégnant. Enfin, là où j'ai considéré le texte comme le plus intéressant c'est justement sur le fait que le voyage est un mirage, un aboutissement sans cesse reporté et qui perd de son sens au fil des pages. Vraiment un très beau texte, à la fois simple et accessible mais qui vous marque en même temps pour longtemps. » 

Librairie À livre ouvert (Wissembourg), Willy Hahn
« Voyage en adulescence
Amanda, Leïla, Lola, Jérôme, Mathieu,Pierre-Olivier, et quelques autres se sont agrégés autour d'un vieux fourgon avec lequel ils rêvent de parcourir le monde : Afrique, Chine, Tibet, toutes les destinations sont envisagées. "Le camion" comme ils l'appellent n'ira jamais plus qu'à quelques dizaines de kilomètres de Marseille.
Les itinéraires des uns et des autres sont variés, symptomatiques de la diversité de la cité phocéenne. Ils sortent tout juste de l'enfance, ont à peine dépassé l'adolescence et sont pétris de rêves, de désirs et d'envies de carrières. Ils vivent pour la plupart encore chez papa-maman, font des études, vivent de petits boulots et surtout cherchent et se cherchent. Comme toutes les générations avant eux ils rêvent de "grands soirs", philosophent sur "le mal du siècle" (que ne sont-ils nés vingt ans plus tôt...que n'ont-ils vécu mai 68).
De cet agrégat, de ce précipité de jeunesse et d'insouciance, Neige Sinno extirpe des portraits tour à tour tendes, drôles, touchants d'une génération pour qui a été crée le néologisme "adulescents". Ils naviguent entre le "déjà" et la "pas encore", rejettent le monde des adultes, voient s'éloigner irrémédiablement l'enfance avec ses rêves et ses douceurs. Funambules sur la corde raide entre ce qu'ils pourraient être et ce qu'ils ne seront jamais plus, ils se frottent, l'un à l'autre, l'un contre l'autre, à la vie, aux questions existentielles.
Avec intelligence et finesse, Neige Sinno dresse leurs portraits quinze ans plus tard, lorsque les hasards de la vie les font se rencontrer ou pas, vieillis de toutes ces expériences qui ont fait d'eux des hommes et des femmes aguerris. Que reste-t-il de leurs rêves, de nos rêves? »

Cultura (Chambray-lès-Tours), David Goulois
« Les phrases courtes de Neige Sinno donnent un rythme alerte au roman qui pourtant reste coincé dans la ville et ses alentours alors que l'on était prêt à imaginer un roman au long court, une aventure humaine. » [lire la suite]

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3 mai 2018 | 13 × 19 cm | 260 pages
21 € | 978-2-36626-125-7

On a besoin de vous lecteurs pour changer la donne.

Premier roman de Neige Sinno, LE CAMION, dont la sortie était initialement prévue le 18 janvier, paraîtra le 15 mars. Nous allons avoir besoin de vous lecteurs pour le faire arriver en librairie et lui donner une chance de vivre, parce qu’un livre qui reste dans le stock du distributeur, c’est un gros gâchis, c’est nul, ce n’est pas vraiment le destin qu’on imagine pour lui. Il serait bon qu’on puisse modifier un peu la donne d’un marché du livre pourri, qui ne permet qu’aux gros d’exister, de s’imposer et qui ne laissent comme destin aux petits que celui de mourir. 

Voilà ce qu'en dit un libraire de Paris (Charybde) : Une bande d’amis, un camion rapiécé, un voyage presque immobile et pourtant formidablement intense, pour un premier roman au charme à la fois simple et extravagant. [lire la suite ici]

Cet après-midi, j’étais au téléphone avec mon diffuseur, qui m’a fait remonter des choses qui se disent sur la maison. C’est ainsi que j’ai appris qu’on trouvait que nos livres étaient trop difficiles. Là, il y a eu un silence, ce genre de silence qui marque un temps d’interrogation, un silence songeur, un silence de surprise, il a tout de suite enchaîné en disant que lui ne trouvait pas que nos textes étaient compliqués, qu’il en avait lu au moins quatre et qu’ils se lisaient bien, et bien sûr, je suis bien placé pour abonder dans son sens, les textes que nous publions n’ont rien de difficile, et ça veut dire quoi « texte difficile », au juste ? Je pense que quand on les lit, et il y en a quelques-uns des libraires qui ont lu des textes de la maison, qu’ils ont aimés. Je pense à tous nos titres sortis depuis le 20 avril 2016 : Rien n’est crucial, La nuit qui n’a jamais porté le jour, Paris Mexico D.F., 11 ans, L’Homme de miel, je m’adresse à ceux qui les ont lus, qu’ont-ils de si compliqué ? Il suffit de les lire pour s’en rendre compte. J’ai appris aussi que la maison pâtissait parfois d’une mauvaise image, oeuvre de personnes qui ont lancé des ragots. Qu’ai-je donc fait de mal, dit de mal ? Et si un jour j’ai dit un truc sur le métier, il y a longtemps, qui a pu être mal interprété, faudrait-il m’en tenir rigueur et s’évertuer à détruire le projet d’une vie ? Ceux qui font ça savent qu’il est très facile d’influencer les gens. Arrêtez, s’il vous plaît, de vous laisser influencer. Choisissez la difficulté et essayez de voir ce que nous sommes réellement, jugez par vous-mêmes.

Le libraire est généralement réticent à prendre les livres des petits éditeurs, c’est normal d’aller vers les choses les plus sûres, on ne veut pas leur jeter la faute, car ils ne l’ont pas la faute, et le diffuseur alors, on pourrait dire qu’il devrait insister auprès du libraire pour découvrir des livres d’éditeurs, qui ont besoin de visibilité, on pourrait lui jeter la faute, il pourrait se bouger lui aussi de son côté, mais il n'a pas la faute non lus, et le lecteur lui, il devrait essayer de ne pas focaliser sur les 15 ou 20 livres dont on parle partout tout le temps dans les médias, pour aller en quête d’autres sensations, ce petit truc de l’aventurier, de l’explorateur, du découvreur, mais il n'a pas la faute, il va au plus facile, il a entendu parler d'un livre, il veut ce livre, etc, etc, etc. Quant aux médias, je n'en parle pas, parce qu'il est vraiment fou de se dire que les médias ne parlent que des livres dont il faut parler, c'est comme ça dans 98 % des cas, de toute façon ce ne sont pas eux qui font vivre un livre, sauf s'il s'agit de Télématin et autres programmes du genre, mais bon, l'offre n'est pas fréquemment renouvelée. S'aventurer, explorer, découvrir, voilà trois mots, voilà une clef, il faudrait aujourd’hui que tout le monde laisse tomber la facilité, reprenne le contrôle de ses fonctions vitales, vibre vraiment, il faudrait que tout le monde se pose en aventurier, en explorateur, en découvreur. Le livre doit être une grande aventure, ne le laissons pas devenir la chasse gardée de deux ou trois groupes, il faut de la différence, le livre doit mettre en éveil, doit réveiller, secouer, il doit être fort, sincère, hors normes, il doit rester libre.

Si chaque fois que je recevais un texte, un livre était vendu...

Je reçois toujours autant de textes, je crois même que la moyenne des textes reçus par jour en ce début 2018 est supérieure à celle de 2017. Il y a toujours ceux qui commencent par Madame, Monsieur, croyant qu’ils tombent sur le comité de lecture de Gallimard, d’autres qui disent connaître la ligne éditoriale de la maison (que je ne connais pas moi-même, ou, plus exactement, que je ne pourrais définir avec des mots), et qui semblent ne rien avoir lu du catalogue, et ceux qui s’adressent à l’éditeur, d’une manière plus personnalisée, en disant qu’ils ont fait le tour sur internet, site de la maison et autres pages, des publications de la maison, affirmant que le texte joint est pour elle. Il y a ceux aussi qui relancent sans arrêt, dès le troisième jour de l’envoi de leur texte, les agressifs qui, même s’ils disent connaître la maison, avoir fait le tour du site, s’insurgent de ne pas recevoir de réponse dès le premier mois, pourtant tout est précisé dans la rubrique contact du site de la maison, à l’endroit même où ils remplissent le formulaire de contact pour envoyer leur texte. La réponse peut arriver au bout de quelques heures, ce qui est toujours bon signe. Parfois, elle n’arrive jamais.

Être éditeur, c’est, en plus de se faire enfoncer des clous dans le cœur, constater la petite bêtise et méchanceté de beaucoup beaucoup beaucoup de personnes, toutes classes sociales confondues, toutes origines confondues, tous niveaux confondus. La bêtise et la méchanceté n’ont pas de frontières, elles frappe partout, même ceux qui se revendiquent minorité éclairée.

À l'instant, une idée que Quemelo me susurre à l'oreille : pour que son mail soit ouvert, l’auteur devra joindre une photo de la couverture d’un livre de la maison, collé à droite de son visage, langue sortie et rangée à gauche.

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Au revoir 2017

Je fais le rêve qu’en 2018, l’homophobie active (les gens ouvertement homophobes, qui n’aiment pas l’idée qu'un garçon puisse aimer un garçon et qu'une fille puisse aimer une fille) et l’homophobie passive (les gens qui disent qu’il s’en fichent, que ce n’est pas leur problème, que chacun est libre de faire ce qu’il veut, à partir du moment où ils - les homosexuels - les laissent tranquilles, ceux qui disent aussi qu’ils n’ont rien contre deux garçons qui s’embrassent, contre deux filles qui s’embrassent, mais qui empêchent la grimace quand le baiser a lieu à côté d’eux et qui pensent sans le dire que c’est quand même bizarre deux hommes qui s’embrassent, que deux femmes qui s’embrassent, ce n’est pas plus naturel, mais moins gênant ou plus agréable à voir) disparaîtront. On parle beaucoup de la domination de la femme par l’homme, et c’est très bien, parce que personne n’a vocation à être soumis et abusé, il faudrait aussi qu’on s'intéresse à la condition des personnes du même sexe qui s’aiment, qu’on arrête de dire, même quand on veut bien se montrer tolérant « je respecte leur choix », car ce n’est pas un choix, on naît comme ça, c’est la nature humaine, et le propre de la nature humaine, c’est la différence, toutes les différences qui créent un beau tout, que certains esprits petits et malades s’évertuent à essayer de casser, en invoquant cette même nature qu’ils insultent avec leurs mots pourris.
Donc, en 2018, j’aimerais que plus personne ne soit gêné par le désir et l’amour que peuvent ressentir une femme pour une autre femme et un garçon pour un autre garçon et le baiser qu’ils se donnent.

J’espère aussi que la maison connaîtra des jours meilleurs, et pour cela, nous avons besoin de vous, libraires, lecteurs. 

🍀

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