La Nuit qui n'a jamais porté le jour le 20 avril en librairie !

Nous sommes très heureux d'accueillir La Nuit qui n'a jamais porté le jour et son auteur Jorge Marchant Lazcano (traduit par Christian Roinat). Vous retrouverez ce joli petit livre le 20 avril en librairie. À la même date sera remis en vente l'un des meilleurs romans de la littérature latino-américaine : Salon de beauté de Mario Bellatin.

Paris dans les rues de Mexico.

Le premier roman du jeune mexicain Roberto Wong réussit le pari fou de nous faire parcourir Paris dans les rues de Mexico ! Roberto sera au festival Belles Latinas du 8 au 18 novembre 2017.

Nouveau coup de coeur pour 11 ans !

Voici le coup de coeur de Martin Knosp de la librairie Brouillon de Culture à Caen :

« Face à l'absurdité de la vie en société, la solution réside t-elle dans le suicide ? Un texte sobre et tout en retenue sur ce que peut représenter le passage à l'âge adulte pour un enfant. »

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Les libraires aiment 11 ans !

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Librairie Bookstore, Aurélia Barrera
« Il a onze ans. Il veut mourir. À première vue cela nous effraie, à portée de main il a ce cahier. Onze ans, cet âge entre l'enfance et l'adolescence. Pré adolescents... Prêt à tout ? Cet âge où l'on prend encore plus conscience du monde qui nous entoure. Il écrit. Et l'auteur de nous offrir un texte non sans rappeler la force d'une petite barbare et d'une maladroite des rentrées passées. Ne soyez pas effrayés. Ce petit texte ne l'est que par sa brièveté . Ne passez pas à côté de ce narrateur en herbe, que la détresse et la détermination rendent tendrement mature. Il suffit parfois de décrocher une plume pour rester accroché à la vie. »

 Librairie Au Vent des Mots (Lorient), Caroline Le Gal
« Pour son premier roman, Jean-Baptiste Aubert nous offre un livre poignant sur un sujet assez grave : le suicide chez les adolescents. Sans misérabilisme, nous suivons page après page la douleur de Kévin, qui à 11 ans, veut mourir. Ce livre doit être lu avec délicatesse et pudeur pour apprécier l’écriture si ciselée de l’auteur.
Nous entrons par la petite porte en découvrant le journal de Kévin… et nous ne voulons pas croire qu’à 11 ans, un adolescent veuille mettre fin à ses jours… Après la dernière ligne de ce livre, nous souffrons en silence de ce mal-être… 
Un récit nécessaire sur la douleur de vivre, la douleur de grandir, la peur du lendemain et de nos destins. Le sens de la vie prend tout son sens en lisant 11 ans de Jean-Baptiste Aubert. »

Cultura (Chambray-les-Tours), David Goulois
« Lu en une soirée, plongé en apnée dans ce très beau récit âpre par moment, mais à la démarche salutaire, sur un sujet peu abordé dans les médias. Sans misérabilisme, la voix du narrateur, celle d'un enfant chahuté par la vie et mal dans sa peau, nous délivre un discours touchant. Un texte sobre et émouvant. »

Le blog de Yv, Yves Mabon
« L'écriture de Jean-Baptiste Aubert est fine, sensible, délicate, de celles qu'on aime à lire, qui disent beaucoup simplement, sans artifice. Elle va au plus profond des êtres et de leurs questionnements. »

Festival actOral - Librairie Histoire de l'œil - Marseille

Dans le cadre du festival actOral, deux auteurs de la maison et moi-même avons été invités samedi 8 octobre à la librairie Histoire de l'oeil. C'est ainsi que Michaël Uras (Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse) nous est venu du nord-est et Espedite (Les aliénés) de sa Corse d'adoption pour nous parler et surtout lire des extraits de leur roman. Après leur passage devant l'assemblée, j'ai dû présenter, le trac au ventre, et donc un peu vaguement (vous voyez quand vos tremblements sont si violents que vos mots sortent tremblotants de votre bouche, j'étais dans cet état) la maison. Mais l'épreuve passée, la pression est retombée et nous avons pu échanger avec l'assistance. C'était un chouette moment et je tiens à remercier Hubert Colas, son équipe, ainsi que Nadia qui nous a fait l'honneur de nous accueillir dans sa belle librairie, sans oublier ses voisins qui ont assuré, involontairement, mais opportunément, l'accompagnement musical des lectures. C'est bien de voir qu'on peut intéresser de gens, d'être mis en lumière de la sorte et d'être aussi bien accueilli.

 

 

 

Un nouveau livre pour la rentrée !

Dans un coin de ma tête, une envie me tourmente depuis toujours : atteindre le livre parfait que je ne saurais vraiment définir. C'est étrange, car c'est confus et en même temps absolument clair. Lorsque j'ai commencé mon métier d'éditeur, je ne connaissais rien au livre, à sa fabrication, le papier, tout ce qui fait qu'un livre est de très similaire à très différent des autres, j'en suis arrivé à ces couvertures un peu atmosphériques. Le bleu et le blanc qui m'ont toujours accompagné, moi l'enfant d'outre-mer : le bleu du ciel, le bleu de l'océan et le blanc de la neige, le blanc des nuages. Ces petites illustrations, simples à première vue, qui habillent les couvertures constituent en réalité une certaine difficulté : il faut faire en sorte qu'elles collent au mieux à l'œuvre que renferme le livre.
La photo m'a toujours paru trop facile à coller sur une couverture, une facilité qui souvent dépersonnalise le livre, le rendant trop transparent. Surtout, je voulais créer une identité, que la maison se démarque avec charte graphique éminemment distincte. Je voulais une identité visuelle forte. Je voulais créer une marque. 
J'aurais aimé que les tranches soient bleues, mais cela étant beaucoup trop cher, et après que je me suis rendu compte que l'idée d'imprimer le texte sur des pages bleues n'était pas excellente (car ce n'est pas très beau du texte noir sur un papier bleu), une page bleue s'est naturellement glissée juste après la première de couverture, de sorte que lorsque le livre est fermé, on peut distinguer un liseré bleu, réhaussant la sobriété et la finesse du livre.
Cette idée d'atteindre le livre parfait revenant un peu trop, j'ai décidé de la calmer un peu : dorénavant tous les livres seront à l'image de la petite maquette que vous voyez : une couverture blanche totalement épurée, où l'on ne retrouve que le point bleu sur le dos et le code-barre sur la quatrième de couverture, seule marque identitaire du livre. Le papier utilisé reste le même. Il s'agit du Olin rough pur blanc 300 grammes. Une couverture totalement épurée pour vous laisser l'opportunité d'illustrer vous-même votre livre et d'en faire un objet unique. Le touché du Olin rough n'est pas sans rappeler celui du fameux papier Canson. Curieusement, j'ai toujours eu beaucoup de mal à écrire dans un livre : l'annoter, surligner des passages, souligner des phrases, en revanche l'idée de pouvoir écrire sur la couverture m'a toujours enchanté. Il n'y a rien de plus jouissif pour moi que prendre un crayon de papier et écrire sur une page immaculée. Bientôt, je pourrai le faire, mais je pourrai aussi laisser ces livres tranquilles comme des porcelaines sur des étagères. Imaginez une collection de livres blancs avec le petit point bleu sur le dos, le petit point bleu comme une lueur d'espoir.
Une jaquette recouvrira le livre, on y retrouvera tout ce qui caractérise les livres de la maison, la petite illustration bleue sur un papier Olin regular pur blanc 200 grammes. Vous aurez la liberté de la garder ou de l'enlever et si vous êtes pris d'un élan artistique (ça peut arriver), d'y écrire et dessiner. En fait tout a glissé sur la jaquette. Autre nouvelle : les livres seront désormais imprimés en France. Je tiens à remercier tous ceux qui font que cette maison existe : Marylin Cayrac (maquette), Simon Holzman(graphisme), Edith Noublanche (correction, ♥), Guillermo A. De La Torre (mon bras droit. Nos yeux peuvent aussi bien s'illuminer d'espoir que peiner à s'ouvrir tant tout semble parfois si lourd et impossible), Michel Kineider (ami bienfaiteur depuis que j'ai 17 ans).
Le premier roman de Roberto Wong (je vous en parlerai bientôt) inaugurera cette nouveauté. J'espère qu'elle vous séduira autant qu'elle m'excite. Vous n'imaginez pas comme j'ai hâte d'avoir le nouveau livre Christophe Lucquin Éditeur entre les mains !
(parce que l'enthousiasme, ça doit se partager) 
J'avoue quand même que j'appréhende, j'espère que ce sera beau et surtout j'espère que vous aimerez.

L'ange gardien de Montevideo

Cet été on vous propose de (re)découvrir quelques titres de notre catalogue. Ici, il s'agit de L'ANGE GARDIEN DE MONTEVIDEO, c'est le premier roman (un peu déjanté) de l'auteur uruguayen Felipe Polleri. J'ai connu Montevideo à l'occasion d'un séjour en Argentine, et je suis tombé amoureux de l'ambiance particulière qui règne dans cette ville, si calme comparée à l'infernale Buenos Aires, si provinciale et si belle, comme retirée du monde dans la baie du grand fleuve d'argent. Lorsque Felipe m'a dit qu'il était d'accord pour que je le publie, mon cœur s'est emballé. Je me suis lancé dans la traduction de « Los sillones marchitos », titre original, et « L'ange gardien de Montevideo » est né. 

Néstor est le gardien d'un immeuble de Montevideo, les habitants se moquent de lui car il est un peu idiot, mais ce qu'ils ne savent pas, contrairement à vous qui allez lire le livre, c'est qu'il est secrètement un ange, né de la douleur du monde pour souffrir et être puni. 
Cette critique sociale un peu folle constitue une belle introduction au travail de Felipe Polleri.

« Il est temps de noter dans ce dossier que je vis dans une ville au bord d'un fleuve ; comme le squelette d'une vache qui serait morte de soif avant d'arriver ou bien morte empoisonnée dès la première gorgée. »

Vous pouvez lire quelques recensions et extraits ici : http://www.christophelucquinediteur.fr/lange-gardien-de-mo…/

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Il y a cent ans... Isaac Rosenberg

Il y a cent ans Isaac Rosenberg, peintre et poète britannique, combattait sur le front de l’Ouest. 
Dans les tranchées, il écrivait des poèmes.

Dans son livre UN VOYAGE À ARRAS : VIE ET MORT D’ISAAC ROSENBERG, Shaun levin évoque la vie et la mort du poète qui a laissé derrière lui ce que l’Angleterre a produit de plus singulier et de plus visionnaire de toute la Première Guerre mondiale.

« Tout en rentrant du camp, tout en marchant vers les tranchées le corps lourd de fatigue, indifférent à sa survie, Rosenberg n’avait envie que de trouver le repos et de dormir. Ou de mourir. Ce qui lui viendrait en premier. Ils marchaient dans le noir sur le chemin, sur le sentier qui les reconduirait dans les tranchées quand la semaine serait finie. Pour l’heure, le feu avait cessé, pas de mortier, pas de tir d’artillerie, pas de cris d’hommes blessés, seulement le pl-plif, pl-plouf le long du chemin, des hommes en file indienne comme des zombies, les vêtements mouillés, les besaces plus légères. Ce que Rosenberg avait avec lui : deux cigarettes, un mouchoir, un recueil de poèmes de John Donne, un billet de 5 £, l’emballage d’une barre de chocolat, un carnet, des souvenirs de son séjour sur l’île de Wight avec Bomberg, une lettre de Sonia, du sel, une lettre d’Eddie, des chaussettes neuves. Plus que vingt minutes et ils seront arrivés. Il ôte son casque et l’air du soir lui rafraîchit la tête, comme une calotte de glace. C’est le mois d’août en France et déjà l’on se sent comme en hiver. La boue a durci autour des semelles de ses chaussures, de l’argile dure toute hérissée de grains de blé qui viennent des champs en sortie de village. Les agriculteurs français travaillaient toujours leurs terres, comme si les champs de bataille à l’autre bout du village n’avaient aucune existence. »

Point du jour dans les tranchées (Break of Day in the Trenches)

L’ombre s’émiette —
C’est à nouveau comme un jour du temps des Druides.
Seule créature vivante, un étrange et sardonique rat
Évite ma main d’un bond,
Tandis que je cueille le coquelicot du parapet
Pour le glisser à mon oreille.
Curieux rat, ils te fusilleraient s’ils connaissaient
Tes sympathies cosmopolites.
Tu viens de toucher cette main anglaise
Et tu feras de même pour une allemande,
Bientôt sans doute, si ton plaisir commande
De traverser la prairie assoupie entre eux et nous.
On dirait bien, étrange créature, que tu ricanes quand tu dépasses Ces yeux vifs, ces beaux membres, ces hautains athlètes,
Que la vie a moins gâtés que toi,
Tous voués aux caprices du meurtre,
Vautrés dans les entrailles de la terre,
Dans les champs déchirés de France.
Que vois-tu dans nos yeux
Quand le fer et la flamme hurlent,
En traversant le ciel paisible ?
Quel frisson, quel cœur frappé d’horreur ?
Les coquelicots qui poussent dans les veines des hommes Tombent toujours et encore,
Mais à mon oreille le mien est sauf,
La poussière le blanchit à peine.
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La librairie Bookstore de Biarritz aime « Rien n'est crucial » !

« Décidément, l'Espagne nous offre régulièrement des textes surprenants, innovants, une autre manière d'écrire et de lire. C'est vrai, rien n'est crucial, surtout à Mondelaid, et ce conte moderne de nous inviter dans une narration atypique à des tranches de vies tendres ou violentes pour croquer ces deux êtres auxquels on s'attache au fil des pages. On pourrait dire bien des choses et se lancer dans une analyse interminable mais au fond l'essentiel n'est-il pas d'ouvrir ce roman pour s'y laisser attraper ? Bonne lecture ! »

Le livre a paru le 14 avril et a besoin de vous pour exister ! Découvrez-le, parlez-en !

Les nymphes sourient aussi parfois et Phénix sur Paludes

Facebook joue parfois des tours. Cet après-midi, en explorant plus en détails la messagerie, je suis tombé sur la rubrique "filtrés", à l'intérieur, des messages plus ou moins anciens dont je ne connaissais pas l'existence, puisque je ne savais pas qu'il existait des messages considérés comme indésirables, c'est ce que j'en déduis par "filtrés". Et donc, des encouragements (merci à ceux dont les encouragements sont restés sans réponse, je suis désolé), et deux autres messages, de la même personne (elle se reconnaîtra) qui me fait part de sa lecture de deux romans de la maison : celui de Raymond Penblanc, Phénix, publié en mai dernier, je me rends compte que cela fait un an que ce puissant roman est sorti, et celui de Ana Clavel, Les nymphes sourient aussi parfois, paru quatre mois plus tôt. Et quelles lectures ! La personne qui se reconnaîtra réussit à parler de ces deux livres d'une manière intelligente, creusée et passionnée pendant onze minutes et cinquante trois secondes. Moi, ça m'épate, peut-être parce que je ne suis pas un grand communicant, surtout parce que l'oral n'a jamais vraiment été ma tasse de thé, forcément quand on a peur du regard des autres et que le que vont-ils penser vous assaille et vous pétrifie... Je ne vois pas ce que je peux ajouter de plus à ce qui est dit, et bien dit, dans ces deux belles recensions. Juste, peut-être, qu'elles m'ont fait un bien fou, je suis fier d'avoir publié ces deux textes qui méritent vraiment qu'on s'y attarde un peu.

Vous pouvez écouter la chronique du roman d'Ana Clavel ici, celle de Phénix ici et ensuite courir chez votre libraire pour le commander un peu partout là :

 

 

Antoni Casas Ros prend la parole suite à la chronique de Christine Angot dans Libération

En écrivant dans Libération que Christophe Lucquin a « une petite maison d’édition, qui publie des textes à caractère essenstiellement pédophile », madame Angot salit non seulement un éditeur, mais y associe la majeure partie de ses auteurs.

Soyons clair, il n’y a pas la moindre évidence d’un texte pédophile dans les quarante livres publiés par Christophe Lucquin, mais au contraire l’affirmation d’une vision éditoriale de grande qualité. Un certain nombres de ses auteurs étrangers latino-américains ou espagnols, jouissent d’une réputation internationale et sont publiés par de grandes maisons comme Gallimard, Alfaguara, Seix Barral, Tusquets, etc. Des auteurs aussi importants que Mario Bellatin, Ana Clavel, Roque Larraquy, Felipe Becera Calderón, Pablo Gutiérrez, Felipe Polleri, qui renouvellent la littérature dans leurs pays d’origine et obtiennent de prestigieux prix littéraires, se voient ainsi taxés de produire des écrits pédophiles.
Christophe Lucquin est aussi un découvreur de talents. Il a publié les premiers romans ou les romans remarqués de Michael Uras, Laurent Audret, Amélie Lucas-Gary, Philippe Vourch, Emilio Sciarrino, Rémi Giordano, Erwan Gabory, Raymond Penblanc, Derek Munn, Benjamin Berton, Espedite ou Philippe Roi.

Le seul livre qui pourrait prêter à confusion en raison de son titre, Des enfants, de Laurent Audret, est un conte cruel à la manière de Grimm ou de Perrault et personne ne songe à s’offusquer des abysses où nous conduit Barbe-Bleue. Le texte qui se rapprocherait le plus de Des enfants, est sans doute A modest proposal, écrit par Jonathan Swift en 1729 et dans lequel il proposait simplement d’élever et de manger des enfants pour réduire la famine en Irlande. Personne n’a pensé accuser Swift de cannibalisme. Des enfants a d’ailleurs fait l’objet d’une recension favorable dans Libération, où le critique n’y a pas vu d’allusion pédophile. Une œuvre doit être considérée dans son entier, en extraire un personnage ou quelques lignes suffirait à faire condamner la plupart des romans publiés aujourd’hui.
Joyce Carol Oates ne craint pas de décrire un pédophile et ses actes dans Dady’s Love qui vint de sortir chez Philippe Rey ; elle est pourtant nobélisable et ne craint pas de voyager dans l’âme de ses personnages. L’Effrayable, d’Andréas Becker plonge lui aussi dans un univers très sombre, viols, folie et meurtres filtrés par une langue iconoclaste, et c’est un très beau texte. Pour ne citer que deux exemples contemporains.

Je m’inquiète du retour d’un moralisme qui fait retirer des visas d’exploitation à des films audacieux, décrocher des toiles de galeries d’art et, bientôt sans doute, revenir à la censure des livres. L’écrivain peut et doit investiguer tous les aspects de la vie humaine, se glisser dans toutes les formes et toutes les situations, provoquer son temps par ses audaces et conduire à une réflexion profonde sur les nouvelles formes de littérature sans avoir à subir le joug des censeurs sous peine de revenir à des régimes totalitaires qui annihilent toute créativité. On brûle encore des livres, des écrivains sont menacés de mort, la frilosité est de mise, l’autocensure s’instaure progressivement, alors évitons les amalgames infondés et préservons l’absolue liberté de l’artiste.

Je rends hommage à un éditeur courageux qui publie de la littérature audacieuse. Soutenons Christophe Lucquin en découvrant ses livres, par exemple celui de Pablo Gutiérrez, Rien n’est crucial, sorti hier.

Antoni Casas Ros

chronique de Christine Angot dans Libération
droit de réponse de Christophe Lucquin dans Libération
 

Rien n'est crucial le 14 avril en librairie

RIEN N'EST CRUCIAL sort le 14 avril. Les vingt premiers lecteurs recevront un jeu de matatenas. Pour cela, il suffit de nous envoyer une photo du livre dans la librairie où vous l'aurez acheté et le nom de cette dernière (à contact@christophelucquinediteur.fr). Bientôt, nous vous expliquerons comment on y joue !
http://www.christophelucquinediteur.fr/rien-nest-crucial/

La réforme des Grands Ânes

Sur le site de l'Académie française :

É den di zan nou pouron etcrir francé come sa se prononse, par se ke ce ki conte cé le son.


Bonnes fêtes à tous !

Depuis octobre 2013, j'ai publié dix-sept livres, j'ai connu deux diffuseurs, un mauvais, un meilleur, enfin je passe les raisons qui pourraient mettre le second dans la même catégorie que le premier, car cela n'est pas dû à la structure en elle-même, en fait, on s'en fiche des détails puisque bientôt la maison entamera une collaboration avec un troisième diffuseur et que celui-là sera, sûrement, bien entendu, le meilleur. La maison va de l'avant, et devant, tout est toujours plus clair, forcément. Ce n'est pas retour vers l'enfer, mais bien en avant pour de grandes aventures. Néanmoins, je pense quand même à ces grandes aventures qu'auraient pu être - qu'auraient dû être - certains livres publiés entre octobre 2013 et aujourd'hui. Il est clair que beaucoup d'entre eux méritent beaucoup plus que ce qu'ils ont à peine eu, mais je n'oublie pas non plus le combat difficile que je dois mener en tant que petit éditeur indépendant - désolé de sortir ce "petit éditeur indépendant", mais en France, c'est incontournable quand on veut se situer dans la bonne catégorie, et surtout quand on est petit (petit, vraiment petit, petit tout seul ou petit pour de faux, enfin petit mais aidé par un grand) et qu'on peine à décoller, qu'on peine à être vu et qu'on est repéré, quand même, par quelques-uns, amateurs de livres, de littérature un peu différente et qui pourrait, si elle avait plus de visibilité faire plus que ce qu'elle a connu entre octobre 2013 et aujourd'hui. Mon combat n'a rien de mauvais puisqu'il est relativement noble, même si relativement superflu si l'on en juge mon activité : publier des livres, c'est-à-dire faire vivre des textes qui selon moi doivent exister sous forme de livres pour être proposés au plus grand nombre (c'est là que ça pêche), donc rassurer leurs auteurs qui eux aussi espèrent que leurs écrits n'ont pas été écrits pour rien, sans quoi ils ne les auraient pas écrits. Voilà au moins un point positif de mon action : pendant quelques instants, je suis à l'origine du bonheur d'un auteur quand il apprend que j'ai aimé son texte et que je veux le publier, car par la suite, à cause de ce que j'ai évoqué plus haut, de ma trop petite visibilité due à ma trop petite force de frappe, due à mes diffusions passées beaucoup trop imparfaites et à mon ambition d'être un acteur du monde éditorial peut-être trop utopique (j'aimerais que mes livres soient lus ! Mes auteurs seraient heureux au lieu de finir par bouder et penser que je n'ai pas assez fait et moi d'avoir les épaules lourdes, si lourdes que mes nuits se transforment parfois en enfer), un petit point positif de mon action, donc. Car quand même, c'est un peu positif, non ? Et ces textes qui n'ont pas percé, parce que je suis trop petit et que j'ai eu des soucis de petits, que j'ai été à plusieurs reprises au bord de l'abîme, méritaient d'exister, témoins et acteurs du combat que je menais, même si j'aurais parfois tant aimé que leurs auteurs n'oublient pas que l'éditeur et l'auteur sont dans le même bateau, qu'un éditeur comme moi ne mérite pas forcément d'être autant culpabilisé, car il n'a malheureusement pas les rênes, il essaie simplement de s'accrocher à ces monstres emballés qui écrasent tout sur leur passage, avec ses petites griffes, en attendant d'avoir une belle monture. Ça viendra, ou pas, pourtant j'ai l'impression que tout cela a du sens, je suis têtu, mais pas pour rien, autrement il n'y aurait pas eu certains petits succès, il n'y aurait pas eu marques d'intérêt, petites reconnaissances, et cette diffusion nouvelle qui approche. Avril 2016 sera une renaissance, et j'essaierai de continuer à essayer de prouver que je ne suis pas là pour rien, que je ne suis pas que le petit éditeur qui n'aurait pas la taille d'un vrai éditeur - a écrit un méchant quelqu'un il y a quelque temps, ont pu penser des vilains qui pensent en raccourci, qui oublient qu'avant de parler, il faut avoir une certaine humanité, et c'est quand on a une humanité qu'on est capable d'appréhender les choses, la vie, les soucis du monde, au lieu de sortir idiotement que le Lucquin il nous emmerde avec ses jérémiades - peu importe ces frustrés du sentiment, il faut aller de l'avant et continuer la quête de la sincérité.

Christophe Lucquin Éditeur ne laisse parler que son cœur. Il ne tombe pas dans les grands discours un peu creux, plutôt inutiles, et carrément ennuyeux.

Christophe Lucquin Éditeur aime le vrai et découvre des textes qui vont droit au cœur, car la littérature est surtout une histoire de passion irraisonnée.

Christophe Lucquin Éditeur est instinctif et passionné. Il s'emporte quelquefois au nom de sa quête effrénée de sincérité. La maison est au centre de Paris, mais elle aime la discrétion, c'est-à-dire qu'elle n'a pas l'habitude de copiner, tout ceci dans une volonté d'indépendance et pour rester libre toujours, du moins s'approcher d'une certaine idée de liberté.

Christophe Lucquin Éditeur est engagé : indépendance, résistance, ouverture et goût pour tout ce qui pétille, les bulles d’émotion, les beaux textes qui vous fichent la boule au ventre, qui vous coupent la respiration, qui vous donnent un frisson et qui vous font vous écrier waouh.

Christophe Lucquin Éditeur, c’est de l’audace, du piquant, de la littérature.

Bonnes fêtes à tous.

Nouvelle d'importance !

Je suis fier d'annoncer que la diffusion-distribution de la maison sera assurée à partir du 1er avril 2016 par Harmonia Mundi. Les retours seront acceptés par Volumen jusqu'au 6 mars 2016, à partir du 7 mars 2016 par Harmonia Mundi. Nous espérons que cette nouvelle diffusion nous permettra une meilleure visibilité auprès du maillon essentiel de la chaîne du livre : le libraire. Car c'est grâce aux libraires que vous découvrirez nos livres.

J'ai envie de dire enfin, oui, ENFIN. Depuis son lancement début 2011, les choses n'ont pas été simples. L'édition n'est certes pas simple, mais elle peut être un peu moins difficile pour ceux qui possèdent un atout majeur, celui de l'argent. Il est dommage que cette donnée soit finalement la seule à entrer en ligne de compte dans le modèle actuel. Si vous ne disposez pas de garanties importantes d'argent, et même si vous présentez de la qualité, on ne vous donne pas l'opportunité. C'est ainsi que procèdent les diffuseurs importants, les incontournables, car il en existe des moins importants qui acceptent tout le monde dans le seul but de grossir leur chiffre, sans même se préoccuper de la cohérence, de la qualité et de l'avenir des éditeurs qu'ils diffusent très mal.

Car la diffusion est le cœur du problème, seule moyen pour une maison de gagner en visibilité et d'être réellement présente dans le réseau de librairies. Harmonia Mundi a su créer de forts liens avec les librairies indépendantes, ce sont ces librairies qui nous intéressent, car elles restent pour la plupart respectueuses de leur métier dont la qualité première est l'ouverture d'esprit et la défense de la littérature de création. C'est grâce à elles que l'édition indépendante survit. Être un vrai libraire, comme être un vrai éditeur, c'est faire preuve d'engagement. Je suis convaincu que les bonnes personnes, celles dont la quête permanente est la sincérité, finissent toujours par se rencontrer. Le chemin peut être long avant qu'elles se croisent, mais il est une épreuve qui, si elle est dépassée, les consolide et les conforte toujours plus dans cette quête de la vérité.

Mon expérience de la diffusion a oscillé entre ombre et lumière, du désastre de la première collaboration avec Pollen à la naissance avec La Différence, même si cette dernière expérience n'aura été qu'éphémère. Avec Harmonia Mundi, c'est beaucoup d'espoir après de longs mois de résignation, c'est aussi beaucoup de trac, car il va falloir prouver qu'ils ont bien fait de parier sur nous. Je constate que la plupart des gens trouvent que la maison est très littéraire, j'avoue que cela me dépasse un peu. Ici, les textes ne sont pas choisis en fonction d'une quelconque grille de critères, ils sont choisis parce qu'ils frappent au cœur, parce qu'ils sont là, présents, vivants, beaux tels des joyaux, ils rayonnent et, la mission de la maison, c'est de les trouver et de vous les proposer. Mais comment savoir qu'il y a de l'or quelque part ? En étant curieux et aventureux, en gardant l'esprit libre, loin du formatage des masses, cela passe par le rejet de l'hypocrisie, le rejet du petit copinage, en étant vrai et indépendant, coûte que coûte.

« Le bien est un chemin mauvais qu'il faut poursuivre coûte que coûte. » Verlaine.

Les publications promettent ! En avant-première, une petite présentation du roman Rien n'est crucial qui paraîtra en avril 2016 :

« Les enfants, dessinez ceci : deux belles figurines blotties l’une
contre l’autre à un arrêt d’autobus, les doigts emboulonnés
dans les doigts, les yeux emboulonnés dans les yeux. Les siens
(à lui) sont deux boutons extrêmement foncés ; les siens à elle
sont fugaces comme des insectes. Sur son front (à lui) flotte
une mèche accrochée tel un parachutiste. Ses boucles (à elle)
se laissent écheveler par le vent sud. Il est beau le môme : la
flamme rouge de sa frange, la mâchoire serrée, les yeux à peine
suggérés. La jeune fille n’est que masque de boucles, cernes
creusés, ventre bombé comme une planète, tendu comme un
tambour. Elle porte des bottes en peau de loup qui lui arrivent
aux genoux, elle a un trait de dame de conte, elle s’appelle
Margarita ou Marga ou Magui. Lui, il s’appelle Lécumberri ou
Antonio ou Lécu. »

À Mondelaid, aucune joie ne dure plus d’un instant,
aucun avantage ne dure longtemps, chaque jour s’assombrit
invariablement, tout devient noir ; néanmoins, les enfants,
n’ayez pas peur, car rien n’est véritablement important,
rien ne sert vraiment,
rien n’est crucial.

Entre le 1er janvier et le 7 mars, la maison ne sera ni diffusée, ni distribuée. Vous pourrez néanmoins vous procurer ses livres sur son site internet http://christophelucquinediteur.fr. Les frais d'envoi sont gratuits pour ceux qui résident en France métropolitaine.

Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui ont soutenu la maison : les auteurs qui sont toujours là et se reconnaîtront (merci de votre confiance), les lecteurs, les libraires, les éditeurs. Merci pour vos messages d'encouragements.

Le ciel s'est dégagé. Aujourd'hui, je vois l'avenir en bleu.

Christophe Lucquin Éditeur
De l'audace. Du piquant. De la littérature.

 

Benjamin Berton à la 25e Heure du Mans

L'auteur du livre polémique J'étais la terreur était à la 25e Heure du livre du Mans ce week-end.
À l'occasion, il a répondu à quelques questions pour Le Maine Libre (samedi 10 octobre) :