Pour les fêtes : des livres et du partage pour continuer à rêver.

Quand j’étais petit, jamais j’ai pensé un jour : quand je serai grand, je serai éditeur. Et je crois que c’est le cas de tous les éditeurs de la place. Quand j’étais petit, je voulais être agriculteur. Sur mon petit bout de terre natale, l’Île de La Réunion, je m’y voyais cultivant la canne à sucre, les chouchous, les bananes, les orchidées, en fait je me voyais cultiver pas mal de plantes, car j’ai toujours aimé les plantes, les arbres, toucher un arbre, une feuille, cela m'est aussi naturel que de caresser un cochon d’Inde, un hamster ou un chien. Je me voyais aussi avoir des bêtes, plein de bêtes, des hamsters, des cochons d’Inde, des chèvres, des chevaux, des chiens et surtout beaucoup d’oiseaux ; des petites perruches, des grandes perruches, des cacatoès et des perroquets, des petits et des grands, des tourterelles, des moineaux, des merles, des pinsons, des chardonnerets. Je ne suis jamais devenu agriculteur, je n’ai jamais eu de zoo, mais j’ai eu des plantes quand nous sommes rentrés en métropole, après la Guyane et Saint-Pierre et Miquelon (là-bas, j’ai vu des phoques et des icebergs, j’ai marché sur la mer gelée, j’ai mangé des donuts américains, des paquets de chips avec à l’intérieur des images de catcheurs américains, des bon-points à l’école, des myrtilles qu’on cueillait avec mon frère sur la montagne pour ma mère qui en faisait des tartes, de la neige, beaucoup de neige, j’ai connu le poudrin, tellement fort qu’à cinquante centimètres on ne voit plus son voisin, j’ai connu les doris, j’ai fait de la luge, beaucoup de luge, j’ai capturé des têtards, beaucoup de têtards, j’ai bu l’eau du ruisseau dans la petite montagne, j’ai été traumatisé par une éclipse de soleil, je me souviens aussi d’avoir vu des baleines. Le rêve pour un gosse, non ?). En métropole, nous nous sommes installés dans la campagne niortaise, dans une maison avec un grand jardin. Mes parents, véritables paysagistes l’avaient rendu si beau ce jardin, dans le potager, j’eus même le droit à un petit espace à moi, pour cultiver mes propres légumes. Je plantais dans des pots des pépins, des noyaux d’avocat, de mangue, de litchi, et dans mon potager des haricots, des tomates, des courgettes, des poivrons. J’ai eu aussi Snoopy et Polux, des cochons d’Inde, mes meilleurs compagnons de jeu, ainsi que mon premier chien, Dusty, un golden retriever incroyablement doux, j’ai eu des hamsters, qui avaient hérité des cochons d’Inde leurs noms, j’ai eu des poissons dans un grand aquarium ; des guppys royaux, des mekis, des scalaires, des néons, des gouramis, des tétras veuves noires, un discus, des barbus, des labéos, des danios, des platys, dont les petits sortaient tout faits du ventre de leur mère et les plantes qui allaient dans l’aquarium. J’ai eu des oiseaux, dans des volières, une pour les perruches ondulées, les calopsittes, les inséparables ; l’autre pour les tourterelles qui finissaient par s’accoupler avec les sauvages, car un trou leur permettait d'aller voler en liberté, j’ai eu l’espace de quelques minutes un poussin sorti d’un œuf de poule que j’avais subtilisé dans le poulailler chez quelqu’un et mis à couver par une tourterelle, quelques minutes, je l’ai trouvé sur le sol, près de la mangeoire, il était mort en tombant du nid.

Un moment, j’ai pensé que je pourrais être évêque, mais je n’ai jamais fait de choses de curé. Plus tard, je me suis vu faire de la politique, je me suis engagé dans un parti, j’ai pris ma carte et cinq ans après j’ai laissé tomber, ce n’était pas drôle, ça sonnait faux, je le pense toujours aujourd’hui.

Plus tard encore, j’ai rêvé de voyage, l’avion me manquait, la métropole m’étouffait, je voulais partir vers l’horizon, vers l’ouest, vers le Nouveau Monde, j’ai découvert l’espagnol en classe de quatrième, et avec l’Amérique latine qui m’a fait rêver, j’ai appris la langue, je la parle encore tous les jours aujourd’hui. J’ai aimé l’histoire, je me suis vu professeur d’histoire, je m’intéresse aujourd’hui à l’histoire de la conquête du Mexique, aux aztèques, et à leur langue que j’apprends. J’ai ramené du Nouveau Monde un argentin de Buenos Aires, puis un mexicain de Xalapa (et je peux dire que ce n'est pas si facile pour un étranger d'avoir des papiers) et aussi un petit chichi de Córdoba, Quemelo mon petit chihuahua tête de cerf.

Bien plus tard, j’ai découvert l’édition et je suis devenu, de fil en aiguille, éditeur. J’ai rêvé de beaux livres, j’en ai fait. J’ai mis dans cette maison tous mes rêves d’enfant, mes sentiments d’enfant, j’ai publié des textes qui disent un peu de quoi je suis fait, qui disent un peu de quoi nous sommes faits, j’ai publié des auteurs latinos, j’ai visité des pays, et j’ai pensé que je pourrais peut-être y vivre. Quand je vais mal, je regarde vers l’ouest, je trouve la bonne direction et je cherche un avion dans le ciel, le rêve revient et l’espoir regrossit.

Je suis devenu éditeur sans avoir rêvé le devenir, parce qu'on ne rêve pas d'être éditeur quand on est petit. Ce n’est pas le cauchemar, c’est beau, quand on arrive à mettre les ennuis de côté, les comment je vais faire pour continuer, pourquoi cette mise en place pourrie, pourquoi les représentants ne lisent pas ce bouquin, il est pourtant génial ce bouquin, pourquoi les libraires ne lisent pas ce livre, pourtant c’est un grand livre et ils le savent aussi à partir du moment où ils le lisent, et puis pourquoi le papier est si cher, pourquoi c’est si cher de vouloir faire quelque chose de beau, pourquoi pour entreprendre dans l’édition il faut avoir beaucoup d’argent, pourquoi la littérature serait le monopole de quelques-uns suffisamment friqués ? Pourquoi avoir pensé que cet auteur était un ami, puisqu’il me poignarde aujourd’hui, pourquoi tant de choses qui viennent délaver l’envie ?

La maison a des livres, un catalogue, et on aimerait que vous les découvriez pour les fêtes, parce qu’ils sont remplis de poésie, d’émotion, de sentiments, d’audace, de piquant, parce que les histoires qu’ils racontent sont un peu de nous tous, auteur, éditeur, lecteur, balayeur, patron de café, employé, chauffagiste, douanier, professeur, tous nous avons été enfant, tous nous avons eu des rêves, tous nous en avons encore, quand on veut bien les regarder en face, ce n’est pas une honte de rêver, c’est important de faire attention à l’enfant qu’on est encore à l’intérieur de l’enveloppe des années du temps qui passe.

Regardez la liste, offrez-vous en un, offrez-en un deuxième, ce sont de vrais livres, des livres sérieux, même s’ils ne sortent pas de chez un éditeur au nom très connu, il y a une exigence, même si personne n’en parle de la maison, même si un connard ou deux propagent des ragots sur son compte, ce sont des livres qui ont le mérite d’exister et le devoir d’être lus. Je n’ai pas envie de faire la braderie de Noël : « un livre acheté, le deuxième offert ! », ce ne sont pas des salades ou des tomates, ça dure plus longtemps, ça peut traverser des siècles, c’est les tripes d’un auteur, les tripes d’un éditeur, c’est du papier qui coûte cher, alors non aux pratiques de soldeur. Parce qu’un livre acheté, ce ne sont pas que quinze ou vingt euros dans la poche de la maison, ça paye tout l’investissement, financier et humain, qu’il y a derrière et ça nous donne envie d’en faire encore, ça donne du sens. > http://www.christophelucquinediteur.fr/boutique/

Mon chez moi, c’est un studio, et je suis prêt à vivre au RSA encore des années si c’est pour que la maison qu’il abrite se développe, finisse par vivre correctement. En fait, on est frustrés, parce qu'on fait des livres pour les partager avec vous, mais qu’on n’arrive pas bien à vous trouver, pourtant vous êtes là, pas si loin, c’est comme les trésors, ils sont rarement à portée de vue, il faut gratter un peu. Vous êtes le trésor, nous sommes le trésor, il n’y a plus qu’à se rencontrer.

Bonnes fêtes à tous,


C.L.

IMG_3020.JPG

3 livres pour décembre, 3 livres pour le cœur.

Je ne sais plus vraiment quoi dire pour vous encourager à découvrir les titres du catalogue. J’en conclus qu’il n’y a peut-être plus grand-chose à dire, alors, excusez-moi, je vais me répéter encore un peu, enfin non, c'est ceux qui les ont lus que je vais faire parler, comme ça vous verrez que je ne suis pas le seul à les défendre, et que ma parole n'est pas seulement celle d'un éditeur désolé de ne pas vendre des livres par milliers. 

Nous sommes à la veille de décembre, le mois des fêtes, une période où tout est gris dans les villes, où le ciel délave les campagnes et le froid de l'air les fige dans l'humidité, alors ça fait du bien un peu de chaleur, un peu d'amour, un peu de lumière. Ces trois livres sont un peu de cette chaleur, de cet amour, de cette lumière, ce sont des livres qui ouvrent les yeux, des livres qui disent à ceux qui les lisent vous êtes bien vivants. Notre tache à nous, c'est de continuer à publier des textes comme ceux-là, de les partager avec vous, des textes qui bousculent, qui vont chercher au plus profond de votre cœur, de votre tête, les sentiments, qui font vibrer la vie dans votre intérieur.

 

Le premier est dans la présélection 2016-2017 du festival du premier roman de Chambéry. Il s'agit de 11 ans, de Jean-Baptiste Aubert.
 
« Lu en une soirée, plongé en apnée dans ce très beau récit âpre par moment, mais à la démarche salutaire, sur un sujet peu abordé dans les médias. Sans misérabilisme, la voix du narrateur, celle d'un enfant chahuté par la vie et mal dans sa peau, nous délivre un discours touchant. Un texte sobre et émouvant. » David Goulois, Cultura de Chambray-lès-Tours

« Juste et touchant. Un très beau texte sur l'enfance, la souffrance, la difficulté de vivre. » Valérie Caffier, librairie Le Divan (Paris)

« Ce petit livre est un très beau texte. Il m’a beaucoup touchée, j’ai vraiment aimé ce moment passé en compagnie de Kévin, un petit bonhomme que j’ai maintenant dans la tête, à qui je pense avec beaucoup de tendresse. » Anne Cuilhé, Librairie Le Gang de la Clef à Molette (Marmande)


Le deuxième livre, Rien n'est crucialde l'espagnol Pablo Gutiérrez, a inauguré notre collaboration avec Harmonia Mundi Livre en avril 2016. Il n'est connu de presque personne, puisque dès sa sortie il était miraculeux de l'apercevoir en librairie. Au total, il s'en est vendu un peu moins de 50 exemplaires et il en reste près de 800 en stock. Ce livre est une perle, une cinquantaine de privilégiés l'ont chez eux, beaucoup aimé, j'en suis certain. Un livre qui est même au programme du master 1 de littérature de l'université d'Anger, chanceux étudiants !

« Ce roman endiablé d’un professeur de littérature à Cadiz dispose de tous les atouts pour faire rire et réfléchir, pour horrifier et pour émouvoir, pour faire vivre intensément la lectrice ou le lecteur. » Hugues Robert, Librairie Charybde (Paris)

« Une force étonnante lovée au creux d'une écriture exigeante, novatrice, parfois déstabilisante et jamais ennuyeuse. » Le blog de Yv, Yves Mabon

« Décidément, l'Espagne nous offre régulièrement des textes surprenants, innovants, une autre manière d'écrire et de lire. » Aurélia Barrera, Librairie Bookstore (Biarritz)


Et le dernier, qui est aussi notre dernière parution : L'Homme de miel, d'Olivier Martinelli.
Coup de cœur de 37 libraires.

« Une petite perle, c'est une sucrerie, ça se lit comme ça et on se dit c'est génial et c'est une super approche ! »  Michel Dufranne, Le 6-8 sur la RTBF

« Livre qui se digère doucement mais qui marque profondément. Superbe, vrai, pas de mots en trop. Qui transpire l'amour de la vie. De la famille. De l'humain dans ce qu'il a de meilleur, de l'essentiel et du détail. Bonheur de lecture » Lydie Zannini, Librairie du Théâtre (Bourg-en-Bresse)

« Un livre beau et nécessaire. » Sarah Gastel, Librairie La Terre des Livres (Lyon)

Nous étions heureux, nous avions de l'espoir, nous nous attendions à mieux, mais en haut de la vague d'espoir, il y a le creux, comme les vagues des océans, c'est bien en haut, on aimerait y rester, continuer à toucher l'espoir avec nos doigts tendus, mais on tombe inexorablement. Dans la chute, il faut essayer d'en arracher un tout petit bout de cet espoir, d'en aspirer quelques gouttes qu'il faut garder bien à l'intérieur, s'assurer d’avoir la force suffisante pour la vague suivante, sans ces gouttes-là, l'espoir fond comme un glaçon au chalumeau. 
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une certaine propension à espérer, il paraît que c’est en écoutant, en observant, que l’espoir apparaît.

 

Vous pouvez commander ces livres en librairie et, si cela vous arrange, vous les procurer sur le site de la maison.

 

S'évanouir.

Aujourd'hui 22 novembre, je suis écrasé de fatigue, une fatigue morale qui me brise physiquement. En début d'après-midi, nous nous sommes rendus au showroom d'Antalis, fournisseur de papier, afin de trouver une solution pour réduire nos coûts d'impression, nous en revenons à l'instant et c'est toujours la même chose : on en sort avec l'esprit toujours aussi embué, car un livre Christophe Lucquin Éditeur, c'est un livre blanc, très blanc - plus blanc, ça n'existe pas - et bleu, et seul le papier Olin propose un blanc extrêmement blanc, c'est bien pour cela que le papier que nous utilisons s'appelle Olin pur blanc, enfin plus exactement rough pur blanc, que ce soit pour les pages intérieures (Olin rough pur blanc 90 grammes) que pour la couverture (Olin rough pur blanc 300 grammes) et la jaquette (Olin rough pur blanc 200 grammes). Quand on fait le tour des autres papiers existants, on se rend bien compte qu'il n'en existe pas d'autres aussi blanc et moins cher que le Olin pur blanc, alors on pense maintenant à réduire le grammage de notre papier, pour rester dans le pur blanc avec le tout petit espoir de gagner quelques centaines d'euros. Mais voilà, le Olin grammage léger ou pas reste un papier cher, il semble que c'est le prix à payer si nous voulons garder l'identité de la maison. Opter pour un papier nettement plus économique, celui qu'on trouve un peu partout dans les livres aujourd'hui, changerait ce que nous sommes, nous ferait devenir un peu crème alors que nous ce qu'on aime c'est l'éclatant du blanc, c'est l'horizon bleu qu'il permet, c'est l'encre noire qui s'épanouit sur ces pages immaculées. Que faire ? Nous pourrions gagner quelques euros en faisant imprimer nos livres à l'étranger, en Bulgarie, en Lettonie, en Estonie, en Lituanie, en Pologne, par exemple, il en existe plein des imprimeurs qui démarchent tous les jours les éditeurs, basés dans ces pays, garantissant un travail irréprochable et des prix plus intéressants qu'en France, oui, nous pourrions, mais nous avons connu, oui nous avons connu le Nord, nous avons connu l'Est, et c'est toujours le même problème que nous avons eu : le résultat n'était pas irréprochable, le noir tirant plus le gris, la qualité de la facture, le collage, l'assemblage, c'est pour ça que nous sommes revenus en France depuis deux ans, parce que le résultat se rapproche nettement plus de l'irréprochable, que le noir est vraiment noir, que la qualité générale est supérieure, mais la qualité a un prix. Faudrait-il, parce que nous voulons continuer à imprimer en France, que nous options pour un papier économique, ce qui nous ferait perdre au passage notre identité, le côté bel objet que certains relèvent, même s'ils ne sont pas nombreux ? Puisque ces derniers ne sont pas nombreux, pourrions-nous oublier de penser à la qualité de l'objet et proposer un livre blanc crème et bleu avec du papier bouffant de livres tirés à plusieurs milliers d'exemplaires, ou approchant la qualité poche ? Suffirait-il de mettre une photo sur la couverture pour que l'on dise de nos livres qu'ils sont beaux, élégants et qu'ils ont une véritable identité ? Je pense que nous allons concentrer tout notre espoir sur un changement de grammage, on vous dira ce qu'il en est. En attendant, si quelqu'un a envie d'investir un peu d'argent dans une maison qui s'efforce de faire de bons et beaux livres, on est ouverts à la discussion, que votre considération soit intéressée ou non (par contre, on ne voudra jamais se sentir obligés de publier des livres qu'on n'aime pas).

Aujourd'hui, l'envie d'envoyer tout valser n'a jamais été aussi forte, mais il y a quelque chose qui est là, encore, c'est un peu de lumière qui me pousse à m'accrocher encore et toujours à mon petit caillou graisseux. Heureusement, j'ai levé la tête cet après-midi et, dans le bleu infini, cette étoile m'a rappelé que tout est toujours possible à partir du moment où l'on y croit, alors le petit caillou graisseux est redevenu terre promise, belle, inondée d'une douce lumière, sous un ciel bleu, bleu, si bleu, bleu à en foutre le tournis, bleu à s'en évanouir.

IMG_2801.JPG

 

 

Quand Mexico et Paris se confondent.

Dans ce livre Mexico et Paris s’entremêlent, se piquent des monuments, mélangent leurs histoires. 

Que faire quand les jours et les villes nous paraissent étriqués et qu’il est impossible de s’échapper, de voler, de partir loin ? Pour Arturo, la réponse réside dans la superposition de deux cartes qui lui donne la possibilité d’élargir sa vie et de la rendre plus intéressante. Le jeune homme travaille dans une pharmacie de la capitale mexicaine. Rêveur, il fait de ce lieu l’épicentre de sa création. Paris a une superficie de 105 km2, environ 7,5 % de la ville de Mexico. Dans ce nouveau Paris, ce Paris impossible mais non moins réel, cet épicentre se situe au cœur de la cathédrale de Notre-Dame. Commence alors une juxtaposition des deux villes : la Tour Eiffel se retrouve à l’intersection de l’avenue Reforma et Insurgentes, le Sacré-Cœur, en lieu et place du quartier de Tlatelolco, le bois de Boulogne coïncide parfaitement avec le bois de Chapultepec…
 

Librairie Charybde (Paris), Hugues Robert
« La carte rêvée, le territoire intérieur. La dérive poétique dans toute sa sombre puissance. » [lire la suite]

Le Temps (Suisse), Isabelle Rüf
Paris Mexico District Fédéral est un objet hybride, un livre de dérives qui décolle par échappées d'une réalité effrayante. [lire la suite]

Livrés à domicile (RTBF), Michel Dufranne
« C'est un objet littéraire non identifié ! [...] C'est vraiment un super roman ! » [vers 33'00"]


Roberto Wong est un des auteurs invités du festival Belles Latinas qui se tient actuellement.

Pour en savoir un peu plus sur le livre > ici

1471633376936.png

880

IMG_2570.JPG

Début octobre on nous communiquait un chiffre de 440 ventes définitives, des sorties caisse, des vraies ventes, on ne revient pas sur la différence entre ventes et ventes réelles ou définitives ou sorties caisse, on l'a expliqué dans les posts 440 et Petit bilan. On disait que c'était pas mal pour nous, car c'était la première fois qu'on vendait autant de livres en si peu de temps, mais cela restait quand même en deçà de nos espérances. 

Ce matin, on a eu le chiffre, et donc un mois après, nous l'avons presque doublé, puisque nous en sommes aux alentours de 860 exemplaires ! C'est très encourageant et surtout très rassurant, car cela veut dire que nous allons récupérer les frais d'impression. Et puis c'est 860 personnes qui l'ont acheté, l'ont lu, l'on offert, et c'est très chouette de penser qu'il vit dans leur coeur, leur esprit. Merci à elles, merci à tous. 

C'est grâce à vous que L'Homme de miel a pris son envol, maintenant, il faut le consolider dans cette lancée, car nous avons encore 500 livres dehors, c'est-à-dire en librairie, des livres qui attendent qu'on vienne les chercher, car dans quelques temps arrivera l'heure - douloureuse - des retours. Il faut leur éviter ça. Ce livre doit être lu par le plus grand nombre, parce qu'il est utile, il fait du bien à l'âme. Quoi de mieux donc que ce véritable hymne à la vie pour terminer l'année ?

Ce week-end, c'est champagne et un souhait dans chaque bulle !

Être petit éditeur c'est se faire enfoncer des clous dans le coeur.

Nous n’avons que notre endurance et notre esprit pas raisonnable du tout pour tenir debout. Nous sommes aidés par quelques-uns, moqués par certains, parce qu’on n’a pas l’air sérieux, qu’on se plaint. Des collaborateurs essentiels, souvent, ne nous écoutent même pas, il faut imaginer ce que c’est d’être petit, frustré, de se heurter aux murs dressés par ceux qui ont le pouvoir d’anéantir les petits pour tout ramener à eux, fiers, applaudis. Tristes de voir que même ceux qui disent défendre les petits jouent en leur défaveur dans leurs pratiques, leur absence d’écoute, ou leur considération hiérarchisée. C’est malheureux mais c’est comme ça. Certains essaient et gagnent jusqu’au pouvoir de vie ou de mort sur d’autres, celui de juger si celui-là ou un autre peut sortir son épingle du jeu, en l’incluant dans le sien, en le léchant pour lui laisser encore son allure d’avant et voir son reflet de vainqueur dedans, on a de beaux discours, surtout on a les moyens.
Être petit ça correspond à quoi dans la réalité du monde du livre aujourd’hui ? Beaucoup d'inquiétude, des complaintes, de temps en temps, qu’on n’entend pas.
Il y a tous ces gens, ces gens désespérés, qui n’écoutent rien, ne font attention à rien et envoie par dizaine et par jour des textes d’une fadeur d’une fadeur, comme si nous étions le miracle dans la poubelle des histoires. 
On n’est pas pris au sérieux, on perd des auteurs, on se perd nous-mêmes dans cet entêtement, certains pensent, ils devraient arrêter Lucquin, il n’arrive à rien, qu’il se fasse une raison, s’il n’y arrive pas, c’est qu’il n’est pas crédible, pas sérieux, « l’édition c’est un métier, vous savez, Christophe vous n’êtes pas fait pour l’édition », sauf que j’aime faire des livres, j’aime découvrir des textes, leur donner vie, les partager, mais sans les moyens, on ne va pas loin, et quand on arrive à mobiliser un peu d’attention sur nous, le reste de suit pas, quand tous les impliqués dans l’histoire ne jouent pas le jeu, c’est l’illusion pour seul espoir, pourtant il y avait tout ou presque, il ne manqua que d’argent pour pousser pousser, transformer l’étincelle du briquet en éclair d'orage d’été bourguignon. Ils n’ont rien, juste l’envie de faire, d’aller plus loin, de montrer qu’ils existent, qu’on les prenne au sérieux, qu’ils ne font pas de la littérature inférieure. En fait, c’est triste d’être éditeur, frustrant, tellement parfois que ça nous ôte l’envie de lire.
On nous a dit récemment que Christophe Lucquin Éditeur, c’était comme un bon parfum, l’intention était bonne, mais on a envie de dire : un parfum si rare alors qu’on n’ose pas l’acheter, on le respire ça sent bon, mais le blanc des livres, cette blancheur à tomber raide sur le marbre on laisse tout cela aux autres, à la littérature.
Être petit éditeur c’est se faire enfoncer des clous dans le coeur.

IMG_1821.JPG
IMG_1823.JPG

Le Camion : notre rentrée de janvier 2018.

Sur la première photographie, Neige Sinno, l'auteur de ce roman à paraître le 18 janvier 2018. Il y est question d'un groupe d'amis qui a un camion. Avec, ils aimeraient partir loin, mais la vie s'impose et les rêves passent.

Les cinq dernières photos sont des captures d'écran des épreuves non corrigées. Nous en profitons pour lancer un appel aux libraires : si vous êtes curieux de découvrir le premier roman de Neige, contactez-nous et nous vous enverrons un jeu d'épreuves.

DSCF2422 copia.JPG

Les cinq premières pages du roman :

Le Pays d'où l'on ne revient jamais, parution en mars 2018

Aujourd'hui, on vous propose de découvrir l'auteur de Le Pays d'où l'on ne revient jamais qui paraîtra le 15 mars 2018.

Capture d’écran 2017-10-23 à 14.41.41.png

Julien Thèves est né à Strasbourg en 1972. Il travaille dans la communication, dans l’édition et à la radio. Il a publié Précarité et Son Histoire aux éditions Balland en 1999 et 2000. Depuis, ses textes ont été publiés en revue (Rue Saint-Ambroise, Monstre, Pylône, Frictions...), lus au théâtre (Jeune théâtre national, l’Onde de Vélizy, La Nef Manufacture d’utopies, L’Echangeur Bagnolet), adaptés au cinéma (Exoplanète et Burning Bridges de Christophe Pellet, Trilogie de nos vies défaites de Vincent Dieutre) et diffusés sur France Culture (Autour d’un sentiment de solitude, Eliška coécrit avec Bojena Horackova).

Entretien

Comment as-tu connu la maison ?
En librairie et sur facebook.

C’est quoi l’amour pour toi ?
Une évidence ou une impossibilité.

Que penses-tu de la mort ?
Ça fait peur, il y a une sorte de vide, de vertige. Un impensable auquel on pense beaucoup.

Qu’est-ce que tu aimes le plus faire dans la vie ?
Il y a plein de choses qui sont bien (...) mais rien que je préfère en particulier.

Ce que tu aimes le plus dans la vie ?
Moi-même ? :) Ou tout ce qui est extérieur à moi. Tout ce qui peut s’écrire.

Si tu pouvais tout recommencer, que changerais-tu ?
Mon ADN.

Crois-tu en l'homme ?
Oui.

Qu'est-ce qui t'effraie le plus ?
Rien ne m’effraie, même si j’ai peur de tout.

Que penses-tu de la France ?
C’est beau, non ?

L'écrivain peut-il écrire tout ce qu'il veut ?
Écrire, oui. Publier, je ne sais pas.

L'écriture, une thérapie ?
C’est après avoir écrit qu’on s’aperçoit, parfois, que ça a pu agir comme thérapie.

Que dirais-tu au lecteur ?