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Vous connaissez L’Homme de miel, ce livre dans lequel un homme atteint d’une maladie, d’un cancer, décide de saisir son mal par la queue et de la secouer dans tous les sens pour lui faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenu et qu’il n’aura jamais sa peau, parce que se sentir en vie c’est un sentiment qui bouleverse, ça donne le vertige, c’est précieux.

L’Homme de miel c’est un livre frais, plein d’humanité, d’espoir qui passe un message simple et important : face au pire, tout ce qu’il nous reste à faire, c’est vivre.

L’Homme de miel, c’est 35 coups de cœur libraire, c’est un livre qui, quand on a franchi la première étape du « oh ça parle de maladie, ce n’est pas pour moi » devient un livre fétiche, un rayon de lumière à transmettre, il a ce petit truc qui redonne foi en l’homme, nous, nous pensons que ce livre-là renferme quelque chose de merveilleux, il suffit de l’ouvrir, et ce sont des larmes cristallines avec des sourires si doux qui viennent, vous voyez l’image du livre qu’on ouvre avec des rayons de lumière qui en jaillissent ? Moi, je suis tout petit devant tout cela, ébloui par toute cette lumière. Eh bien L’Homme de miel, c’est ça, une sorte de graal. Et Olivier lui, c’est un super-homme.

L’Homme de miel, c’est un tirage de 1500 exemplaires. Une faible mise en place que nous avons réussi à transformer en réassort. (Le réassort, c’est quand un libraire commande un livre en dehors de la mise en place. Par exemple, un libraire peut avoir pris un exemplaire d’un livre lorsque les représentants lui en ont parlé ou qu’il l’a vu mentionné sur le bon de commande du diffuseur. Tout livre commandé hors cadre de la mise en place ou office, est un réassort.) La mise en place atteignait à peine les 400 exemplaires, mais nous en sommes à 688 réassorts, ce qui est plutôt pas mal. Environ 1100 exemplaires du livre sont partis depuis sa parution. Vous penserez que c’est super, que sur 1500 exemplaires il n’en reste que 400 en stock chez notre distributeur… Mais non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Et c’est là qu’on passe au chiffre le plus important.

L’Homme de miel, c’est environ 440 exemplaires vendus réellement depuis sa sortie. Vendus réellement ça veut dire quoi ? N’y avait-il pas près de 1100 exemplaires partis ? Oui, mais il convient d’expliquer un peu les choses. Sur les 1100 exemplaires qui sont dehors, donc en librairie, à la Fnac, et ailleurs, 440 exemplaires sont passés par la caisse, du rayon ou de la table du libraire à la bibliothèque du lecteur. Les autres exemplaires sont en attente de trouver leurs lecteurs, soit un peu plus de 650 exemplaires. Imaginez, ces 650 exemplaires, ils ne peuvent pas occuper éternellement les étagères, les tables des libraires, ils vont devoir céder leur place aux dizaines d’autres livres qui sont arrivés et arrivent encore. Si ces exemplaires ne trouvent pas leurs lecteurs, ils seront retournés au distributeur qui adressera la note à l’éditeur, et cette note-là, croyez-nous, elle fait mal, parfois très très mal, on peut même ne jamais s’en remettre, c’est ce que l’on appelle les retours. Donc là, l’éditeur doit « rembourser » les livres.

Illustrons par un exemple :

La librairie Verte prend 2 exemplaires de L’Homme de miel quand le diffuseur vient la voir (office, mise en place), le distributeur lui envoie 2 exemplaires qui lui sont donc facturés 19 x 2 = 38 euros.

La librairie Verte décide de commander un nouvel exemplaire (cet exemplaire est un réassort !). Elle a donc vendu 2 exemplaires, mais le dernier, le réassort reste là, tout seul, elle peut alors décider de le renvoyer, au bout d’un certain temps, au distributeur qui devra lui rembourser son achat, enfin c’est l’éditeur qui remboursera au final.

Parce qu’il faut aussi savoir que le diffuseur prend un pourcentage de 55%, normal, il faut bien qu’il rémunère son travail, ce pourcentage inclut la remise libraire comprise entre 35 et 40 %.

Résumons : la librairie a donc pris au total 3 exemplaires, soit 19 x 3 = 57 €.

Elle en vend deux : 19 x 2 = 38 €. Le dernier est retourné au distributeur. L’éditeur est donc redevable de 19 €.

Ces petits calculs pour vous expliquer que :

440 exemplaires de L’Homme de miel effectivement vendus c’est :

440 x 19 = 8 360 €

auxquels on retire les 55 % du diffuseur

8 360 – 55% = 3 762 €

3 762 € c’est ce qui revient à l’éditeur.

L’Homme de miel, c’est un objet livre de qualité qui a un coût. Nous allons un peu parler de la forme. Depuis septembre 2016, nos livres ont changé. Ils ont maintenant une surcouverture ou jaquette sur laquelle a glissé tout ce que l’on trouvait auparavant sur la couverture (visuel de couverture, 4e de couverture, prix, etc), pour plein de raisons que nous avons déjà exposées, retenons-en une : on trouve ça chouette de pouvoir enlever la jaquette et de se retrouver avec un livre tout blanc, comme un carnet sur la couverture duquel on pourrait écrire même, c’est immaculé, le grain du papier est doux, c’est une invitation à plein de choses, ouvrir le livre mystérieux, et une fois lu peut-être même faire disparaître sa jaquette et dessiner, peindre, écrire sur la couverture, réaliser votre couverture idéale, à vous, unique. Parce qu’on n’a jamais compris pourquoi faire une jaquette si on retrouve exactement la même chose sur la couverture du livre.

Nous pensons que la qualité de l’objet livre n’a pas besoin d’être maquillée, il est facile d’avoir recours à des artifices pour tromper un peu sur la marchandise, en décorant le papier bas de gamme utilisé : le fameux 80 grammes, presque transparent, bouffant pour donner l’impression qu’il y a plus de pages, etc. Bien sûr, une composition graphique peut être de belle qualité, mais nous nous préférons mettre en avant l’élément central de la composition d’un livre : son papier. Et sans illusions, il faut apprendre à l’observer : nous utilisons un papier peu courant, le Olin, pour la couverture (300 grammes) et la jaquette (200 grammes), mais aussi pour les pages intérieures (90 grammes), quant à notre encart bleu, il est en papier Pop’Set (120 grammes). Finalement, c’est un peu comme dans le textile, vous voyez ?

L’Homme de miel c’est 1500 exemplaires. C’est 4 483,75 € de frais d’impression.

C’est effectivement élevé. Trop élevé. Mais c’est aussi le prix à payer quand on fait imprimer ses livres en France sur du papier de qualité.

Chaque exemplaire de L’Homme de miel nous a coûtés 3 €.

Pour pouvoir récupérer les frais d’impression de L’Homme de miel, qui est notre meilleure vente depuis que la maison existe (440 exemplaires en à peine plus d’un mois, c’est énorme pour nous !), il faudrait qu’on vende au minimum 525 exemplaires. Après, bien sûr, il y a tous les frais liés à la promotion de l’ouvrage ; on ne vous parle pas des 150 exemplaires envoyés en service de presse, les frais de poste à environ 3 euros l’envoi… Et puis il y a l’auteur aussi, ses droits. L’auteur a une redevance de 8%. Comment payer l’auteur dans ce cas-là ?

Ce qui serait chouette, c’est de doubler le chiffre de ventes effectives : 880 ! Et puis soyons fous : atteindre l’objectif rêvé : 1 000 ventes.

Nous promettons tout de même de trouver un moyen de réduire nos coût d’impression, peut-être chercherons-nous un papier de qualité un peu moins cher, mais c’est délicat pour nous, car la gamme Olin est la seule à proposer un blanc comme celui que nous avons. Vous avez constaté que le blanc de nos livres est une marque identitaire importante de la maison ? Ce papier extra-blanc…

L’Homme de miel, malgré nos petits moyens, parce qu’il faut le savoir, nous n’avons aucun moyen, a fait un peu de chemin. 35 coups de cœur libraire, ce n’est pas rien pour un livre sorti en pleine rentrée littéraire. À un peu plus d’un mois de la sortie, il nous faut maintenant garder le rythme, aller plus loin, et le temps est compté. Nous, ce que nous pouvons vous assurer c’est que, malgré les angoisses, notre volonté reste intacte, nous avons d’autres montagnes à soulever, et il nous arrive même de penser que, un jour, c’est la cordillère des Andes qu’on soulèvera, grâce à votre aide.

L’Homme de miel, c’est tout cela. Une belle aventure, une envie de se surpasser comme jamais, parce que nous sommes persuadés qu’en croyant très fort en une chose, elle peut arriver. Il n’y a qu’à regarder l’exemple d’Olivier.'

L’Homme de miel, c’est un petit livre très grand en réalité.