Si chaque fois que je recevais un texte, un livre était vendu...

Je reçois toujours autant de textes, je crois même que la moyenne des textes reçus par jour en ce début 2018 est supérieure à celle de 2017. Il y a toujours ceux qui commencent par Madame, Monsieur, croyant qu’ils tombent sur le comité de lecture de Gallimard, d’autres qui disent connaître la ligne éditoriale de la maison (que je ne connais pas moi-même, ou, plus exactement, que je ne pourrais définir avec des mots), et qui semblent ne rien avoir lu du catalogue, et ceux qui s’adressent à l’éditeur, d’une manière plus personnalisée, en disant qu’ils ont fait le tour sur internet, site de la maison et autres pages, des publications de la maison, affirmant que le texte joint est pour elle. Il y a ceux aussi qui relancent sans arrêt, dès le troisième jour de l’envoi de leur texte, les agressifs qui, même s’ils disent connaître la maison, avoir fait le tour du site, s’insurgent de ne pas recevoir de réponse dès le premier mois, pourtant tout est précisé dans la rubrique contact du site de la maison, à l’endroit même où ils remplissent le formulaire de contact pour envoyer leur texte. La réponse peut arriver au bout de quelques heures, ce qui est toujours bon signe. Parfois, elle n’arrive jamais.

Être éditeur, c’est, en plus de se faire enfoncer des clous dans le cœur, constater la petite bêtise et méchanceté de beaucoup beaucoup beaucoup de personnes, toutes classes sociales confondues, toutes origines confondues, tous niveaux confondus. La bêtise et la méchanceté n’ont pas de frontières, elles frappe partout, même ceux qui se revendiquent minorité éclairée.

À l'instant, une idée que Quemelo me susurre à l'oreille : pour que son mail soit ouvert, l’auteur devra joindre une photo de la couverture d’un livre de la maison, collé à droite de son visage, langue sortie et rangée à gauche.

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