Chercher Proust

Michaël Uras nous fait découvrir dans Chercher Proust l’histoire pas trop sérieuse de son antihéros Jacques Bartel,

complètement étouffé par son amour immodéré de Proust. Roman d’apprentissage plein d’humour et de références culturelles, Chercher Proust n’est pas réservé aux « fous » de Proust. Michaël Uras moque le monde de ses spécialistes, théoriciens de son œuvre, qui vivent enfermés dans leurs « laboratoires ».Chercher Proust est un roman dans lequel la littérature envahit la vie d’un jeune homme pour mieux l’en libérer.Chercher Proust est avant tout un livre sur la passion en général.Finaliste du Prix de l’Inaperçu 2013.


Sortie le 1er avril 2012
272 pages | 12,7 × 20,3 cm
16,00 € | ISBN 978-2-91900-070-8
Disponible en poche
Paru fin avril 2014


A propos de l'auteur


 

Et la suite

Chercher Proust a été traduit en italien sous le titre Io e Proust aux éditions Voland. Sortie janvier 2014.Il est sorti au format poche au Livre de poche en mai 2014 et est sélectionné pour le Prix des lecteurs 2014.


 

Extrait

J’ai toujours eu un problème avec Proust. Dès le départ, j’ai su qu’il me ferait mal. Au-dessus de mon lit d’adolescent, à côté du poster de mon footballeur préféré, Marcel trônait, fier, sûr de lui, la tête inclinée sur ma droite, reposant contre sa main. Il me fixait. Quand je regardais trop mon idole sportive, j’avais l’impression que… Proust me rappelait à l’ordre : « Jacques Bartel, cessez de scruter cet idiot, je suis là, moi, seul être valable dans cette chambre. Vous n’êtes plus un enfant et bientôt, vous pourrez vous targuer d’avoir une aussi belle moustache que moi. » J’ai donc grandi sous le regard de mon maître. Quelquefois, en pénétrant dans mon antre, j’essayais de l’esquiver, projetant mes yeux sur le mur blanc qui faisait face à l’écrivain. Je maintenais cette volonté surhumaine de dépassement deux à trois minutes, puis Proust reprenait naturellement le dessus. Il écrasait mon footballeur, lui mettait une gifle pleine d’arrogance. « Eh oui, jeune homme, voyez comment un vieil écrivain juif peut vous mater d’un simple regard. » Marcel avait raison, mon esprit n’échappait pas à cette règle, rien ne lui résistait. D’ailleurs, la cohabitation entre Marcel et le footballeur ne dura pas, un après-midi, au sortir de l’école, je me rendis compte que le poster du sportif s’était détaché et gisait face contre terre. Mon cerveau analysa cette situation sans cartésianisme : le sportif, ne supportant plus cette compétition permanente, avait provoqué Marcel. Ce dernier, habitué aux joutes (j’avais lu que Proust avait été provoqué en duel, ce qui correspondait pour moi à une attitude héroïque) avait accepté de se mesurer à la star orange. À la fin du match, la victoire de Proust ne faisait aucun doute. Marcel : 1, Cruyff : 0.