Espedite

Né en banlieue parisienne en 1978, Espedite travaille en Corse depuis dix ans, au sein d’une administration. Il trompe son ennui de  fonctionnaire docile en composant des textes sombres et absurdes peuplés d’improbables révolutions.
Dans un premier roman, Palabres, publié aux éditions Attila en 2011, lui et son co-auteur, affublés d’une fausse biographie de vieil Argentin anarchiste, racontent dans une langue orale proche du sabir, le « portugnol », le road-movie d’un déserteur fasciste parti en Amérique du Sud organiser un commerce de femmes pour les nazis. Débarqués, après moult aventures, dans un pays mythique où les femmes sont censées être aussi belles qu’amènes, l'anti-héros et sa bande tombent sur une tribu imaginaire en révolte, décidée à prendre le pouvoir contre les colons espagnols pour instaurer la démocratie et faire du « verbe » l’alpha et l’oméga de toute politique.

 

Entretien

Comment as-tu connu la maison ?
Inconsciemment, je savais qu’elle existait, Internet a fait le reste.

 C’est quoi l’amour pour toi ?
Un sujet romanesque à éviter.

Que penses-tu de la mort ?
Probablement une expérience extraordinaire.

Qu’aimes-tu faire dans la vie ?
Me divertir.

Si tu pouvais repartir à zéro, que ferais-tu, que changerais-tu ?
Je changerais de sexe, plusieurs fois.

Tu crois en l’Homme ?
Non, je ne sais pas ce que c’est.

Qu’est-ce qui te fait le plus peur ?
M’ennuyer.

Comment en es-tu arrivé à écrire Les aliénés ?
J’ai confondu mes dolipranes avec les neuroleptiques de ma coloc’.

Quelque chose que tu dirais au lecteur ?
Tu verras, c’est super. Attention à la descente.

L’écrivain a-t-il le droit d’écrire ce qu’il veut ?
Oui, pourvu que ce soit percutant.

L’écriture est-elle une thérapie ?
Une thérapie contre l’ennui, oui, certainement.

Plutôt radical ou modéré ?
Extrémiste, pas radical, je déteste les racines, les valeurs et les principes.

Une citation ?
« Y’a comme un goût de déjà-vu dans son chewing-gum »
(paroles de la chanson Chewing-gum du groupe de rappeurs Odezenne).

Sentir avant d’interpréter ?
Oui, privilégier les sens plutôt que le sens.