L'été à Lulaby

Léo aime Lola. Ils sont meilleurs amis. Ils vivent tous les deux à Lulaby.

Lola aime Léo, mais pas comme Léo l’aime. Lola s’éprend du plus beau garçon du lycée de Lulaby, Adam. Adam est incroyablement beau. Bien fait, derrière sa carapace dure se cache un cœur tendre, un être qui manque cruellement de confiance en lui. Toutes les filles du lycée de Lulaby rêvent des bras d’Adam. Mais c’est Lola la grande gagnante. Elle remporte le trophée. Adam est un trophée. Léo aime Adam. Il l’aime parce qu’il est beau, mais aussi parce qu’il est fragile. Adam l’attire irrésistiblement. Il le désire ardemment. Mais il aime aussi Lola. Quand Lola officialise sa relation avec Adam, Léo s’éloigne de Lola qui s’éloigne de Léo parce que Léo est petit, rondouillard et un peu pédé. Léo n’est pas beau. Adam est beau. Lola aurait pu sortir avec Léo, il serait idéal pour elle, mais il n’est pas beau. Lola se sent importante et rêve déjà de son mariage avec Adam.

Et puis, il y a cette petite bourgade de Lulaby. Perdue on ne sait où, avec ses dinners, son parc d’attractions et l’attrait irrésistible de la capitale pour tous les adolescents qui y vivent.

Rémi Giordano aborde des thèmes essentiels. La découverte de la sexualité, l’homosexualité, le rejet, l’amour, chez l’adolescent. Il est question d’isolement, de solitude. C’est un texte qui flirte parfois avec la science-fiction et un érotisme rare s’en dégage.

Surtout, Lulaby pourrait être la ville où nous avons grandi. Lola pourrait être la meilleure amie que nous avons eue, Léo pourrait être le garçon que nous avons été.


Sortie le 4 avril 2013
294 pages, 16,00 €
ISBN 978-2-36626-005-2

Disponible en poche.
Paru fin mai 2014


A propos de l'auteur


 

Ils en parlent

 

Extrait

« Cette nuit, j’ai rêvé de Lulaby. J’ai revu sa rue commerçante, son pavé brûlant sous un soleil de plomb. Son parc d’attraction abandonné en lisière de la ville. J’ai revu la campagne de Lulaby où j’aimais courir à l’abri des regards. J’ai revu sa piscine. Sa piscine abandonnée. La surface est calme. Son eau bleu, pâle. Le plongeoir rouillé surplombe le carrelage sec. J’ai revu ma maison. De plein pied. Avec ses volets en bois lustré. J’ai revu la maison de Lola, grande et majestueuse, cachée derrière une haie d’imposants sapins. Hier, j’ai rêvé de Lulaby. Lulaby qui a forgé mes rêves.

Lulaby est une petite bourgade calme à l’écart du désert. De petit village reculé, la ville est devenue au fil des années une terre d’exploitation importante. La renommée de la cité s’est faite grâce à la construction d’un parc d’attractions à l’Est qui attire chaque année un nombre grandissant de visiteurs. Paradoxalement, pas plus de la moitié des habitants de Lulaby ne s’est rendue dans ce parc. La proximité crée-t-elle un manque d’envie ? Quand le rêve est à porter de main, il est fort possible de le laisser en stand by. On pourra toujours s’y rendre, un jour ou l’autre. Jamais.

Lulaby est une bourgade comme les autres, elle possède en périphérie un immense centre commercial envahi de jeunes gens de tout âge les week-ends d’hiver. On y trouve de tout : des couches supra résistantes aux uniformes militaires. Lulaby compte aussi un bon nombre de dinners aux devantures vitrées et aux sièges en cuir rouge et dont l’enseigne scintille fièrement dans la nuit. L’ambiance y est toujours animée et badine. Les adolescents y sirotent des milkshakes colorés en fin de journée. Ils rêvent tous de quitter Lulaby pour la capitale. La ville les retient de manière inexorable. Inexplicable. Tentaculaire. Peu auront la chance de partir, de faire leur vie ailleurs. Ils deviendront à leur tour les piliers de ces rues bordées de cyprès et de sycomores. Des croix rouges barrent les troncs malades annonçant la sentence de mort que les branches, tristes, semblent avoir acceptée. Il existe un drive in aux portes de la ville qui ne déploie son écran qu’au début du mois de juillet. Il sert de parking le reste de l’année. »

« Il n’y a pas âme qui vive dans mon rêve. Pas un adolescent assis sur la murette de la cour inférieure. La murette qui surplombe le terrain de sport où l’on pouvait voir les garçons se disputer le ballon de foot, désormais dépecé sur l’asphalte. Si je me concentre, ils apparaissent. Tantôt debout contre la grille, tantôt assis sur le béton. Combien de fois ont-ils échangé sur cette murette ? Le nombre peut sembler dérisoire comparé à ces dix années d’oubli. Il s’appelle Léo. Elle s’appelle Lola. Ils sont les héros de mon histoire. Nous avons créé Lulaby ensemble, Lola et moi. »