La maladie

Ce roman a été choisi par un jury composé de libraires et de deux représentants de Christophe Lucquin Éditeur : Aurélie Janssens et David Bélair de la librairie Page et Plume (Limoges), David Goulois du Cultura de Chambray-lès-Tours, Katia Panier de la librairie Sauramps (Montpellier), Caroline Le Gal de la librairie Monet (Montréal), Anne Mathurin de la librairie Le Terrier (Paris), Édith Noublanche, correctrice, animatrice de rencontres littéraires, traductrice (Ce qui vient de Thomas Stangl, éditions du Sonneur, 2015)

« Ce texte m’a bouleversée. Une écriture pudique mais puissante,des ellipses qui ajoutent à la délicatesse et du coup audrame, et enfin un dénouement inattendu, complexe, désarmant. Bref un roman d’une sensibilité éblouissante, très équilibré, émotionnellement fort et subtil dans le traitement. »
Anne Mathurin

« Un premier roman déroutant qui nous parle de la maladie, douleur universelle... Lecture intense et intimiste, ce livre me hante encore... »Caroline Le Gal

 

« La maladie est un roman magnifique qui réussit le défi de s’ancrer dans une réalité et un contexte tout en touchant à l’universel. Il y est surtout question d’amour, le pur, le sincère, le véritable, et de ce que l’on est prêt à faire pour la personne aimée. »   — Aurélie Janssens

« La maladie est un roman très beau. Même si le sujet est précis il confine à l’universel. L’écriture est juste, sobre et poétique en même temps. »                — David Goulois

 

Le lieu : un petit appartement d’étudiant, ça et là, quelques meubles. Un lit. Un homme allongé et le narrateur, son compagnon qui le veille et l’accompagne. La maladie est un huis clos. Le narrateur nous invite à y assister. La maladie s’est emparée d’un corps. Dans cette chambre coexistent aujourd’hui la vie et la mort.
Au début, ce n’est presque rien, pas de signes importants, simplement une petite fatigue qui s’installe. Puis ça se manifeste, la maladie s’exprime à travers le corps, prend forme humaine, la forme d’un corps qui se détériore, au gré de sa fulgurance. Le lecteur devient caméra. Nous suivons cet homme qui souffre, cette gravité.

La maladie est un tableau.

La maladie est un texte sur l’amour et sur le couple. Il nous interroge sur ce que nous ferions nous dans pareil cas, car la maladie n’est pas seulement l’affaire des autres. Elle ne prévient pas. Son évolution est imprévisible. La maladie qui ronge l’être aimé met en danger, casse une routine, remet en question des choix, des sentiments, le quotidien, son organisation, la vie.
La maladie aborde le sujet de la condition de l’homosexuel qui fait encore l’objet d’un jugement négatif, avec pour toile de fond le mariage pour tous qui a récemment secoué la France et démontré l’existence d’une armée d’obscurantistes qui contaminent la société.

Emilio Sciarrino nous offre un premier roman à l’écriture sobre et poétique qui invite à la réflexion.

La maladie
16.00

ISBN : 978-2-36626-042-7
130 × 190 mm | 120 pages
Date de sortie : 24 septembre 2015 | Prix : 16,00 €


A propos de l'auteur


 

Ils en parlent

  • Cultura (Tours), Marie-Emmeline Vanel

« Emilio Sciarrino livre un très beau premier roman.  Dans un style précis et poétique, La maladie questionne l'intime, et laisse une empreinte pleine de force et de mélancolie. »

  • Librairie Le Divan (Paris 15e), Valérie Caffier

    « C'est un très beau texte que La maladie. Il nous emmène au chevet de cet homme malade partager le désarroi et le chagrin - universel - de son compagnon désemparé. Beaucoup d'amour dans ce livre. »
  • Les 8 Plumes de L'Express, Yves Mabon

    « Un court récit, très beau, très lent où les moments de doute alternent avec les souvenirs de la rencontre des deux hommes et de leurs vacances ou virées mais aussi avec les paysages parisiens et italiens (ils se sont rencontrés à Pise), les questionnements, les conséquences de la maladie sur le corps et l’esprit. Délicat. Élégant. Pudique. » [lire la suite]
  • Cultura (Chambray-lès-Tours), David Goulois

    « Un livre magnifique, sobre et touchant. » [lire la chronique]
 

Extraits

« Jadis l’on savait (ou peut-être s’en doutait-on seulement) que l’on portait la mort en soi comme le fruit son noyau. R.M. Rilke »
« Il est des moments particuliers dans la transition entre deux saisons où le temps semble procéder à l’envers : ainsi, en automne, le ciel, au lieu de virer vers le gris blanc inexpressif de l’hiver, se teint trompeusement d’un bleu d’été. Le matin brumeux annonce la pluie, puis laisse place à un ciel clair, déchiré par la grêle, nappé par des bancs de nuages blancs. Le soir apporte à nouveau une douceur surprenante, et c’est la nuit, comme un goût d’hiver déjà. »
« La maladie commença lentement. Ce fut d’abord son corps qui refusa de se prêter à ses volontés et insinua une résistance sourde à ses efforts. Quand il découvrit peu à peu qu’il ne pouvait continuer à se nourrir comme il l’avait fait jusqu’alors, sans ordre ni raison, et qu’il ne pouvait plus passer des nuits blanches, sans sommeil ni repos, il ne s’inquiéta pas. Cela fut brutal ; il n’y eut aucun autre signe avant-coureur du moment où la maladie se déclara. En même temps que cette maladie sans nom, la tranquillité du sommeil vint à lui manquer et à être agitée de rêves insupportables. Ses pensées, d’intègres qu’elles lui paraissaient, se trouvèrent doublées et gâtées par d’autres, sournoises, bien plus visqueuses et inquiétantes. »
« Il somnolait, la tête penchée vers moi. Ses cheveux étaient ébouriffés. Son visage, dont l’ovale me semblait devenu un peu plus aigu depuis quelque temps, transmettait un sentiment de calme serein. Rien ne semblait dire en son expression qu’il ne pourrait plus se déplacer, plus voyager, car ses conditions physiques l’empêcheraient désormais de se déplacer au-delà de sa chambre.

Je pris sa main et la serrai ; il répondit à mon appel, doucement, de telle sorte qu’il était impossible de savoir s’il s’agissait d’une réaction automatique ou s’il était encore conscient. Peut-être à travers les brouillards de sa somnolence
percevait-il tout de même l’appel sourd et précis de ma main tenant la sienne. Dans la douceur habituelle, connue et adorée, de sa main, ce qui me terrorisait, c’était de percevoir que son corps n’accusait aucunement le mal qui le tenait, et qu’il n’en portait nulle trace tangible, pas encore : bientôt, il maigrirait à faire peur. Bientôt, son corps ne le soutiendrait plus et il serait cloué au lit pendant des mois ; agité nuit et jour par des spasmes qui lui arrachaient des cris de douleur qu’il camouflait en gémissements. »