Le Camion

   C'est l'histoire d'une jeunesse, peut-être la vôtre. C'est l'histoire de jeunes gens qui ont rêvé dans leur enfance, leur adolescence, que le monde serait ouvert pour eux, qu’ils seraient libres, que tout serait possible. Ils se prennent ensuite la crise, la réalité, en pleine face ; le chômage, les frontières, la nature dévastée. On les rencontre à ce moment-là, autour d’un camion qu’on leur a prêté, avant qu’ils ne se lancent chacun de leur côté dans leurs vies, comme dans une attente de vivre.

   Ils sont jeunes adultes, frustrés, rêveurs, ambitieux, résignés, tous partagent l'envie d'ailleurs. Pour cela, ils ont un camion. Il ne les transporte pas loin, il tombe souvent en panne, mais il les amène à rêver de destinations lointaines : la Chine, l'Afrique, etc.

  Le camion c'est comme leur propre vie, la possibilité de s'échapper, mais l'impossibilité de prendre l'élan. C'est un groupe d'amis qui aimerait voyager loin, mais la vie s'impose et les rêves passent.

   Ce n’est pas un livre nostalgique, ni un road book, c’est un roman d’aventures qui se passe dans un camion qui n’avance pas très vite, mais qui va quand même plus loin que prévu.

Le Camion
21.00
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3 mai 2018 | 13 × 19 cm | 240 pages
21 € | 978-2-36626-125-7


À propos de l'auteur


Ils en parlent

Librairie Charybde (Paris), Hugues Robert
« Une bande d’amis, un camion rapiécé, un voyage presque immobile et pourtant formidablement intense, pour un premier roman au charme à la fois simple et extravagant. » [lire la suite]

Librairie Au Brouillon de culture (Caen), Martin Knosp
« Derrière ces six amis rassemblés autour d'un camion qui n'avance nulle part, Neige Sinno nous propose un texte très fort et d'une grande sensibilité, qui rend compte du sentiment collectif de toute une génération. Il y a une vraie douceur dans le traitement de ses personnages par l'auteur et entre eux, au sein de cette communauté d'amis, comme si elle allait être confrontée inéluctablement à l'hostilité du monde et qui rend l'attachement du lecteur encore plus prégnant. Enfin, là où j'ai considéré le texte comme le plus intéressant c'est justement sur le fait que le voyage est un mirage, un aboutissement reporté sans cesse et qui perd de son sens au fil des pages. Vraiment un très beau texte, à la fois simple et accessible, qui vous marque pour longtemps. » 

Librairie À livre ouvert (Wissembourg), Willy Hahn
« Voyage en adulescence : Amanda, Leïla, Lola, Jérôme, Mathieu, Pierre-Olivier, et quelques autres, se sont agrégés autour d'un vieux fourgon avec lequel ils rêvent de parcourir le monde : Afrique, Chine, Tibet, toutes les destinations sont envisagées. "Le camion" comme ils l'appellent n'ira jamais plus qu'à quelques dizaines de kilomètres de Marseille.
Les itinéraires des uns et des autres sont variés, symptomatiques de la diversité de la cité phocéenne. Ils sortent tout juste de l'enfance, ont à peine dépassé l'adolescence et sont pétris de rêves, de désirs et d'envies de carrières. Ils vivent pour la plupart encore chez papa-maman, font des études, vivent de petits boulots et surtout cherchent et se cherchent. Comme toutes les générations avant eux, ils rêvent de "grands soirs", philosophent sur "le mal du siècle" (que ne sont-ils nés vingt ans plus tôt... que n'ont-ils vécu Mai 68).
De cet agrégat, de ce précipité de jeunesse et d'insouciance, Neige Sinno extirpe des portraits tour à tour tendes, drôles, touchants, d'une génération pour qui a été crée le néologisme « adulescents ». Ils naviguent entre le déjà et la pas encore, rejettent le monde des adultes, voient s'éloigner irrémédiablement l'enfance avec ses rêves et ses douceurs. Funambules sur la corde raide entre ce qu'ils pourraient être et ce qu'ils ne seront jamais plus, ils se frottent, l'un à l'autre, l'un contre l'autre, à la vie, aux questions existentielles.
Avec intelligence et finesse, Neige Sinno dresse leurs portraits quinze ans plus tard, lorsque les hasards de la vie les font se rencontrer ou pas, vieillis de toutes ces expériences qui ont fait d'eux des hommes et des femmes aguerris. Que reste-t-il de leurs rêves, de nos rêves? »

Cultura (Chambray-lès-Tours), David Goulois
« Ils vivent à Marseille, ils aspirent à vivre un peu d’aventure, ils ont un camion. Les personnages se croisent, discutent, vivent, cherchent une situation pour prendre pied dans la réalité sociale... Les phrases courtes de Neige Sinno donnent un rythme alerte au roman. On les trouve attachants ces personnages. »

Librairie Le Dormeur du val (Chauny), Aline Marelli
« Des phrases courtes, c’est un peu déstabilisant au début mais on s’y fait vite. L’évolution des rêves de jeunesse et le réveil 15 ans après. »

Libriairie La Carline (Forcalquier), Aurélie Lucchi
«  C’est à un voyage (presque) immobile que nous invite Neige Sinno dans ce très beau premier roman. On y rencontre six personnages en quête de sens, d’idéal et d’eux-mêmes. Ils sont prêts à partir, prêts à tous les périples, et pour cela, ils ont un camion. Un peu vieux, déglingué, pas vraiment fiable. Et rester sera finalement la plus folle aventure. Le lecteur n’est pas dupe, il sait dès les premières pages que les rêves sont trop hauts et le camion pas en état, mais par la grâce d’une écriture simple, sensible, maitrisée Neige Sinno parvient à nous embarquer.
Et puis quinze années passent. Que reste-t-il de ces rêves échoués ? Que sont devenues les amours, les amitiés, les aspirations communes à cette génération d’individus ?
Neige Sinno nous offre un roman d’une grande beauté, un portrait sincère et touchant des idéaux d’adultes en devenir et fait de nous, finalement… peut-être… le septième passager à bord de cet étrange camion. »

Librairie L'instant (Paris), Sandrine Babu
« Je me suis prise d’amitié pour la bande d’amis du camion, et j’ai aimé les suivre dans leurs aspirations, leurs idéaux, leur confrontation au réel. L’écriture de Neige Sinno est fluide et prenante. »

 

Extraits

« Ils dorment dans le camion et c’est un peu comme s’ils étaient partis très loin. Ils s’allongent à l’arrière dans leurs jeans pleins de cambouis. Le soir tombe avec des bruits d’oiseaux. Ils parlent avant de s’endormir, avec des voix rêveuses, éreintées, repues, et leurs mains se touchent. Ils parlent de pays, de routes, de kilomètres. Le monde est à eux, comme un fruit mûr, tout près, au bout de la branche, à prendre, il suffit de tendre la main. Mais ils ne le disent pas. Ils disent, c’est nul, Marseille. Toujours pareil, ils disent. »

 

« Il y a un poste qui fonctionne à peu près. Quand il marche bien, on peut mettre des disques, sinon la radio. Mais les disques, ses disques à soi qui jouent pendant qu’on avance et que la route défile sur les côtés, c’est quand même l’extase. C’est ce qui se rapproche le plus de leur idée du bonheur : une sensation d’harmonie, d’éternité, loin du langage, des phrases toutes faites, une sensation simple et universelle, mais qui, en même temps, n’appartient qu’à ce moment précis, et à eux seuls. »

 

« C’est aussi, ajoute Amanda, qu’observer la laideur sans rien faire est insoutenable. C’est une torture. La laideur n’est tolérable que si on s’occupe. Il y a des gens qui prennent des fusils, qui s’engagent, qui tapent dans les manifs. Et les autres, qui se mettent des trucs entre les mains pour ne pas se suicider, qui bougent dans tous les sens, qui fabriquent, qui construisent et détruisent. Même faire le ménage, laver la vaisselle, laver des chiottes est moins pire que rien. La seule exception peut-être c’est la télé. Là, tu peux t’absorber dans l’horreur sans bouger le petit doigt, c’est pour cette raison sans doute que la télé est si proche de la mort. »