Le Pays d'où l'on ne revient jamais

 

Avec son histoire, Julien Thèves nous amène là où vivent nos souvenirs : dans les entrailles de l'enfance. C'est le pays d'où l'on ne part jamais, même si l'on s'évertue à essayer de le faire, même si l'on a l'illusion de l'avoir fait. 

« Le pays d’où l’on ne revient jamais, c’est l’enfance bien sûr, c’est la mère. C’est l’océan où tout finit, c’est ici et demain, c’est hier, c’est ce passé, il ne passe pas, aucun passé ne passe, on ne revient d’aucun pays, on y retourne, souvent, c’est le pays lointain, natal, le pays natal, c’est le pays où l’on a grandi. Même si l’on n’est pas d’ici, même si, pour ceux qui sont d’ici, on ne sera jamais d’ici. »

Le Pays d'où l'on ne revient jamais est né de la beauté d'un paysage d'enfance.

 

 

 

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5 avril 2018 | 13 × 19 cm | 184 pages
19 € | 978-2-36626-128-8


À propos de l'auteur


Ils en parlent

Librairie Bookstore (Biarritz), Aurélia Barrera
« Le Pays d'où l'on ne revient jamais de Julien Thèves ne sort que le 15 mars, mais puisque le texte est tout frais dans ma tête je m'autorise à en parler maintenant. C'est un doux texte, enfin, un texte dur et doux à la fois. C'est comme un album de cartes postales qui nous fait voyager dans le dernier tiers du XXème siècle. C'est un texte qui aura un goût encore plus touchant pour ceux qui sont du coin décrit. Je suis de ceux-là. Ce sont des mots qui racontent le beau et le moins beau de l'enfance, les douleurs, les joies, la difficulté de se construire aussi parfois. C'est la photographie d'une époque. C'est un livre qui part d'un paysage mais qui parle d'identité. C'est un texte bouleversant aussi, mélancolique. »

Librairie Page 50 (Strasbourg), Anne Herduin
« Un livre que j'ai beaucoup aimé et qui se lit d'une traite ! Il m'a fait replonger dans mon enfance. Une très belle lecture ! »

FNAC (Grenoble), Sandrine Dantard
« Wouahhhh, sacré claque ! Ce livre parle tellement de nous, de notre génération : vous allez retrouver des madeleines de Proust, la musique qu'on écoutait, papa poule qu'on regardait, les grands-parents qui venaient pour Noël. C'est un livre qui nous fait plonger dans notre propre histoire, dans notre passé, qui nous fait nous questionner ; c'est une photographie d'une époque, les années 1980. J'adore tout ce qu'il dit sur le temps qui passe trop vite, sur les choix de ses parents et, par conséquent, des nôtres aussi. C'est un texte super touchant, empreint de beauté, d'amour et de nostalgie. Ne passez pas à côté. Il sort le 15 mars, notez-le sur vos agendas. »

Librairie La Marge (Haguenau), Jean-David Hanninger
« Écrire l'enfance, propice à tous les clichés, quoi de moins clair et linéaire ? Un récit clair-obscur, comme Le pays d'où l'on ne revient jamais propose une belle manière de brouiller ses pistes, et de nous faire partager les doutes, les hésitations de l'enfance.
Des rappels de couleurs, une ville immuable et pourtant changeante, l'ambiance des années 80, la tentation du départ "quand je serai grand", des bribes de souvenirs générationnels amènent une ambiance pudique, intime et pourtant tellement commune. »
[lire la suite]

Librairie L'instant (Paris), Sandrine Babu
« Le Pays d’où l’on ne revient jamais, c’est la nostalgie, c’est une enfance décrite à petites  touches, où en fonction de sa génération on peut se reconnaître complètement, c’est « une famille idéale qui a du plomb dans l’aile », c’est la fin d’un couple esquissée avec finesse.  Ce livre vous imprègne pour longtemps et on aimerait en savoir plus sur ces deux frères et ce qu’ils sont devenus. »

Librairie Le Gang de la Clef à Molette (Marmande), Anne Cuilhé
« Dans un très beau texte, en quête perpétuelle du mot juste, Julien Thèves évoque l'enfance, ou plutôt cherche à retrouver le souvenir de l'enfance, entre souvenirs personnels, ce qui a été rapporté et ce qu'évoquent les photos. À la recherche de l'insaisissable, le texte se construit sur les méandres de la mémoire et du souvenir et nous livre une magnifique évocation de l'enfance, de ce moment plein de force et de mélancolie où se joue l'essentiel de la vie. »

Librairie Au brouillon de culture (Caen), Martin Knosp
« Lu et adoré. Un très beau texte. Encore une voix singulière. L'auteur a une manière bien à lui de revenir sur une période capitale, charnière et presque mythique. J'ai été embarqué, captivé même, par cette écriture fragmentée qui accomode ces petits riens qui forment une vie. Vraiment une belle lecture. Merci pour cette découverte ! »

Librairie La Maison du Livre (Rodez), Jean-Marc Lecroc
« J’ai lu Le Pays d’où l’on ne revient jamais avec grand plaisir. La langue de ce texte, ses courts paragraphes, ses répétitions qui en font une litanie ; l’importance de cette ville de H. dans laquelle évoluent les personnages, Julien Thèves ne fait rien pour rendre ce lieu séduisant mais on s’y sent bien ; et l’idée de n’être pas de là qui revient sans cesse, et qui accompagne le narrateur toute sa vie semble-t-il, il est toujours juste à côté de ses études, de ses amis, de sa vie en général, en font un livre très original et très sincère, mais aussi très austère sans être dépressif pour autant. »

Librairie Vaux Livres (Vaux-le-Pénil)
« Le pays d’où l’on ne revient jamais nous transporte dans l’enfance, dans la ville où l’enfance fut vécue. Ici, il s’agit de H., une ville du pays basque des années 70, entre mer et montagne. Déjà deux faces, deux visions, une région à plusieurs facettes. Une enfance heureuse, une enfance douloureuse, entre ses parents et son frère. Suite à un retour au pays à l’âge adulte, les souvenirs reviennent, les douloureux comme les joyeux. L’expression est délicate même si rien n’est caché, toutes les émotions, tous les sentiments sont exprimés, décrits sans amertume, avec retenue et douceur mais également franchise. L’amour de la mère, l’effacement du père, « … entre un père relativement indifférent et une mère qui a tout avalé. », le temps qui passe, les manques, les doutes, la mélancolie, la recherche lancinante de son chemin vers l’âge adulte, le choix de quitter son pays comme sa mère. Cette confession n’est naturellement pas seulement une chronique familiale, c’est aussi le miroir de la France des années 60 à 2000 sur deux générations, deux périodes historiques bien différentes, « Ils ont fait ce qu’ils ont pu : c’est ce qu’ils aiment à répéter, aujourd’hui – mais ce qu’ils pouvaient, non, ce n’était pas assez. » Un texte qui nous emporte et dont le style et la forme interrogent le lecteur en jouant sur l’ambivalence de toute chose : le pays natal qui change mais reste immuable ou le passé qui ne disparaît jamais et partage notre présent.»
 

Journal Sud-Ouest du dimanche 8 avril 2018, Jean-Marie Planes

Paludes, Radio Campus Lille, Nikola Delescluse
« Julien Thèves travaille le texte et la langue et montre à quel point il est difficile de reconstituer ce puzzle initial, celui de l'enfance, celui de ce monde qui, lorsqu'on aurait assemblé toutes les pièces, lorsqu'on aurait enfin terminé de faire apparaître cette ville de H dans un puzzle contrarié, nous permettrait d'accéder à autre chose. Le temps passe inexorablement, il nous échappe, il s'échappe à tout désir, à toute possibilité de fixation, il est inexorable et impalpable et, pourtant, tous les souvenirs sont là, s'entremêlant et s'entrechoquant. Il s'agit en les recomposant par l'écriture, peut-être, d'atteindre une possibilité, celle des autres. » 

Écouter la suite : ici

Librairie de Paris (Paris) , Michaël Mathieu
« Nuit embrumée par un texte. Le Pays d’où l’on ne revient jamais de Julien Thèves.
Il y a ceux qui essaient de guérir de leur enfance, ceux qui veulent la fuir, ne s’en souvenir que par bribes, comme ça de temps en temps. Il y a ceux qui vomissent la fameuse madeleine de Proust, parce que l’enfance était un désastre, un éternel bobo aux genoux. Il y a ceux qui regardent l’enfance comme un endroit où tout allait mieux. Un endroit où rien ne pouvait les atteindre.
Julien Thèves a l’intelligence de nous parler de toutes les enfances. De ce pays qui était beau, où on riait sans peur parce qu’on était des gosses, où on se faisait mal mais c’est pas grave on repart.
On a tous voulu parler de la mère, parler de la famille, de l’océan, des vacances d’été où les sièges de la bagnole nous brûlent les cuisses. Julien Thèves l’a fait, avec beaucoup de talent, de bienveillance, et de superbe nostalgie. Voilà une écriture qu’il ne faudra pas oublier. Hors de question de la laisser dans le passé. Emportez la avec vous dans le pays des grands. Ce pays où l’on est, et où l’on porte le gamin qu’on était sur le dos. Petit à petit, avancer ensemble. Bravo monsieur. Quel petit bonheur. »

Journal Sud Ouest, Hendaye, Édith Anselme

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« Dans son ouvrage Le Pays d’où l’on ne revient jamais, Julien Thèves entraîne le lecteur dans une mélancolie du temps qui passe.

Le Pays d’où l’on ne revient jamais, c’est celui de l’enfance, de l’adolescence, peuplé de tourments dont on ne veut se souvenir, mais qu’on ne peut oublier.

L’enfance de l’auteur, Julien Thèves, pourrait être celle du lecteur qui referme son livre avec une certaine mélancolie. C’est aussi une réflexion sur l’âge « qui nous prendra par surprise », sur la
haine et l’amour : « Ça va, ça vient, ça change et ça ne change pas. »

Mais pour l’auteur, « la vraie histoire, le vrai cliché, c’est l’impact du temps sur nos vies, qu’on croit immobiles, qui sont à la fois inchangées et mouvantes ». Lire et citer Julien Thèves est facile, 
chacun s’y retrouve. Les phrases sont limpides, pleines de grâce, les paragraphes sont scandés, comme une chanson qui ne doit jamais être oubliée.

Il n’est pas question d’abandonner ce livre sur une étagère. Il doit être feuilleté souvent, dans l’ordre ou le désordre.

« H » comme Hendaye

Cette enfance et cette adolescence se déroulent à Hendaye, seulement désignée jusqu’à la page 152, par son initiale. « H, pour hôpital, pour hormones, pour haine. »

Une ville subtilement décrite. Mais comment peut-on aimer cette ville, quand on y a grandi, qu’on y revient, avec des souvenirs du passé, la beauté de ses paysages « même si, pour ceux qui
sont d’ici, on ne sera jamais d’ici ? ».

L’indécision entre l’envie de la quitter ou d’y retourner est liée aux incertitudes de l’adolescence, toujours oscillant entre haine et amour. Au terme de son récit, Julien Thèves est apaisé, le
lecteur aussi : il a dépassé la haine, a conservé un peu d’amour, a trouvé l’amour ailleurs. « Ce n’est pas facile, peut-être que ce texte peut aider aussi, comme un précepte, un présage, un
symbole, comme une porte ouverte. »»

 

Extraits

« Tout commence avec le bruit des vagues, ce son qu’on entend de loin.

On le confond parfois avec le trafic, tout commence avec le bruit des vagues, et tout revient.

C’est la ville de H.

Chaque lieu, chaque parcelle de cette ville, de ce territoire, est connu. Il y a pourtant, là-haut, au-dessus de la rue d’Ouristy, un terrain qu’on ne connaît pas, une vue plongeante sur la baie, l’océan, vers les montagnes et vers l’Espagne.

Aujourd’hui, quand on est à H., chaque maison est un souvenir, chaque café un appel où revenir, chaque magasin, chaque commerçant une figure ; le magasin est toujours là et la commerçante est morte, elle a changé de nom, chaque grain de sable est familier, les vagues sont la mère, la force des vagues est maternelle – comme un vieux chien, fougueuse, de confiance.

Tout revient avec le bruit des vagues et la lumière mouillée, avec les plantes, les nuages, avec le beau temps et la pluie à verse, le ciel plombé, jamais tout à fait bleu : bleu quand il est inquiétant, pas naturel, pas durable. Tout revient avec l’odeur, avec les yeux, avec la couleur, avec les murs blancs et les volets rouges – les couleurs de ce pays sont le blanc, le rouge, le vert et le gris bien sûr, le gris du ciel couvert, le gris basque qui résonne avec les murs blancs, qui fait chanter le blanc des maisons touché de couleurs rouges, vertes ou bleues, les volets et les colombages des villas basques, des maisons populaires, des murs des différents quartiers : « noms de pays, le nom », la gare, la plage, le centre-ville, les joncaux, le bas-quartier, la route de l’empereur –

tout revient avec les souvenirs plaqués dans les moindres replis de cette ville.

Cette ville n’existerait pas sans les souvenirs, elle ne peut pas être désirée, elle est connue. On peut souhaiter y revenir, mais pas la désirer d’un désir violent, seulement revenir à elle qui ne bouge pas, ou si peu, avoir envie de revenir là, mais pas souhaiter s’y établir – on n’a pas le désir de la connaître, on la connaît quand même.

Ce fut pourtant la ville du malheur, des idées noires.

Penser au stade et aux garçons dans les vestiaires,

penser à la frontière et aux contrôles absents,

penser à l’océan et aux beaux surfeurs,

penser aux bateaux de pêche et à l’odeur de gasoil – disparue, elle aussi, aux nappes irisées dans lesquelles flottent les poissons à demi-mouvants qu’on appelle des muges,

penser à la vie qui ne reviendra plus, à l’enfance disparue, oui, elle aussi,

penser à ces jours de pluie qui n’en finissaient pas,

aux grosses chaleurs éphémères,

à l’automne si beau, l’été indien. »