11 ans

« J'ai onze ans, et je veux mourir. »

11 ans est dans la présélection 2017-2018 du Festival du premier roman de Chambéry. Plus d'informations ici.


On peine à imaginer qu’un enfant, Kévin, le protagoniste du livre, puisse être mal au point de vouloir mettre fin à ses jours.
Et si l’idée du suicide d’un petit garçon, tellement éloignée de la vision que nous avons de l’enfance, n’était pas qu’une monstrueuse exception ? Chaque année, cette exception concerne plus d’une centaine d’enfants âgés de 10 à 14 ans.

Sans pathos et avec une certaine dose d’innocence et d’humour le premier roman de Jean-Baptiste Aubert pointe ce tabou majeur.

Kévin est hypersensible, il écoute le monde et a décidément beaucoup de mal à le comprendre, d’autant plus qu’il subit un stress important dû à des tensions incessantes entre ses parents. Comment peut-il, sans le cocon famille de protection, apprendre à percevoir le monde ? 

Naturellement ce climat oppressant gangrène le reste de sa vie : il est plus perméable aux choses, se pose des questions, ses résultats scolaires et ses relations avec ses camarades s’en trouvent affectés. Kévin s’interroge sur la nécessité d’une vie faite de disputes et de malaises.

Il finit par se retrouver dans une institution pour enfants en difficultés.

Kévin arrivera-t-il à se sortir de ce lot d’enfants qui, comme le dit le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik, pensent à la mort tant ils sont anxieux et malheureux ?

Nous sommes immergés dans la conscience de Kévin qui raconte dans un carnet les événements marquants de sa vie et ses observations sur le monde qui l’entoure, avec un ton juste et des réflexions qui confirment que la vérité sort de la bouche des enfants. 

Une lecture qui ne peut que nous interpeler et nous émouvoir.

 

 

 

11 ans
17.00

5 janvier 2017 | 13 × 19 cm | 160 pages
17,00 € | 978-2-36626-108-0


À propos de l'auteur


Ils en parlent

L'Alsace

Coup de coeur de la librairie Brouillon de Culture, Martin Knosp
« Face à l'absurdité de la vie en société, la solution réside t-elle dans le suicide ? Un texte sobre et tout en retenue sur ce que peut représenter le passage à l'âge adulte pour un enfant. »

Les Dernières Nouvelles d'Alsace, édition du 4 février 2017.

Coup de cœur des libraires FNAC

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Librairie Bookstore (Biarritz), Aurélia Barrera
« Il a onze ans. Il veut mourir. A première vue cela nous effraie, à portée de main il a ce cahier. Onze ans, cet âge entre l'enfance et l'adolescence. Pré adolescents... Prêt à tout ? Cet âge où l'on prend encore plus conscience du monde qui nous entoure. Il écrit. Et l'auteur de nous offrir un texte non sans rappeler la force d'une petite barbare et d'une maladroite des rentrées passées. Ne soyez pas effrayés. Ce petit texte ne l'est que par sa brièveté . Ne passez pas à côté de ce narrateur en herbe, que la détresse et la détermination rendent tendrement mature. Il suffit parfois de décrocher une plume pour rester accroché à la vie. » 

Librairie Le Gang de la Clef à Molette (Marmande), Anne Cuilhé
« Ce petit livre est un très beau texte. Il m’a beaucoup touchée, j’ai vraiment aimé ce moment passé en compagnie de Kévin, un petit bonhomme que j’ai maintenant dans la tête, à qui je pense avec beaucoup de tendresse. La grande réussite de l’auteur, à mon avis, est d’avoir trouvé le ton juste pour raconter cette histoire. Il n’en fait jamais trop, sur un sujet difficile, il réussit à garder la distance nécessaire pour donner de la crédibilité à son texte. »

Librairie Au Vent des Mots (Lorient), Caroline Le Gal
« Pour son premier roman, Jean-Baptiste Aubert nous offre un livre poignant sur un sujet assez grave : le suicide chez les adolescents. Sans misérabilisme, nous suivons page après page la douleur de Kévin, qui à 11 ans, veut mourir. Ce livre doit être lu avec délicatesse et pudeur pour apprécier l’écriture si ciselée de l’auteur. Nous entrons par la petite porte en découvrant le journal de Kévin… et nous ne voulons pas croire qu’à 11 ans, un adolescent veuille mettre fin à ses jours… Après la dernière ligne de ce livre, nous souffrons en silence de ce mal-être… Un récit nécessaire sur la douleur de vivre, la douleur de grandir, la peur du lendemain et de nos destins. Le sens de la vie prend tout son sens en lisant 11 ans de Jean-Baptiste Aubert. »

Cultura (Chambray-les-Tours), David Goulois
« Lu en une soirée, plongé en apnée dans ce très beau récit âpre par moment, mais à la démarche salutaire, sur un sujet peu abordé dans les médias. Sans misérabilisme, la voix du narrateur, celle d'un enfant chahuté par la vie et mal dans sa peau, nous délivre un discours touchant. Un texte sobre et émouvant. »

Le blog de Yv, Yves Mabon
« L'écriture de Jean-Baptiste Aubert est fine, sensible, délicate, de celles qu'on aime à lire, qui disent beaucoup simplement, sans artifice. Elle va au plus profond des êtres et de leurs questionnements. (...) Très beau texte, qui malgré son thème pas gai ne sombre jamais dans le larmoyant et le noir (...) tout simplement beau et touchant. (...)
Un roman fort que je vous conseille. Un coup de cœur pour moi, lu en quelques heures, sans le lâcher. » [article complet]

FNAC (Grenoble), Sandrine Dantard
« Je viens de finir 11 ans et wouahhhh. Ce livre m'a touché des les premiers mots de kevin. Il prend aux tripes et ne nous lâche plus. Cette envie d'en finir oui mais finalement il a toujours quelque chose à écrire dans son cahier. Il est tellement touchant et attachant. C'est un très beau livre dur car il traite de sujets lourds mais empli de tellement de grâce et d'espoir. Je ferai tout mon possible pour soutenir sa sortie. Un grand bravo à l'auteur. »

Culture-Chronique.com, Appoline Segran
« 11 ans est une belle réussite littéraire écritedans l’écume même de l’enfance. On reste longtempssuspendu à la dernière ligne de cette œuvre déstabilisante dans sa simplicité, émujusqu’aux larmes… » [article complet]

Stalker, Gregory Mion
« Le premier roman de Jean-Baptiste Aubert, 11 ans, est peut-être moins un livre sur la possibilité du suicide à un âge précoce que la présentation épurée de toute enfance qui s’apprête à chavirer avec dépit et suspicion dans les eaux plus troublées de l’adolescence. On pourrait aussi considérer qu’il s’agit d’un livre qui raconte un ajournement plus fondamental encore, à savoir la volonté de repousser le moment où il faudra bien appartenir à la communauté des individus responsables, le moment où il faudra participer, quoi qu’on en ait, à la «bizarrerie» du monde (cf. p. 9). L’histoire de cette méfiance somme toute rassurante envers le monde fossile et discipliné des grands nous est rapportée par le petit Kévin, onze ans d’âge, sous la forme d’extraits fulgurants écrits dans plusieurs cahiers où le garçon a couché les états tourmentés de son âme. » [note complète]

Librairie Le Divan (Paris 15) , Valérie Caffier
« Juste et touchant. Un très beau texte sur l'enfance, la souffrance, la difficulté de vivre. »

 

Extraits

« J’ai onze ans, et je veux mourir. Je vais essayer de me pendre tout à l’heure. Dans ma classe, tout est bizarre. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Quand je regarde tout ce que la maîtresse écrit chaque jour au tableau, ça s’embrouille dans ma tête. Pourquoi être assis là, à écouter de longues heures tous ces mots et toutes ces histoires qui sont très loin de moi ? C’est peut-être bête de dire ça, mais je ne sais pas qui je suis, ni pourquoi je suis là. Quelqu’un va-t-il me dire ce que c’est que vivre ? Quelqu’un va-t-il me dire ce que nous faisons sur cette terre ? Chez moi, personne ne parle normalement et ça crie souvent. La plupart du temps je ne dis rien, sauf « oui » pour répondre à la question qu’on me pose presque tous les jours : « Ça va ? T’as pas l’air bien… ». À chaque repas, mon père met la radio très fort. Je comprends maintenant que c’est pour ne pas crier. Peut-être que lui aussi se pose les mêmes questions que moi. Le samedi, on mange du poulet et des frites. Ma soeur a l’air heureuse. Aujourd’hui, j’ai décidé de mourir pour en finir avec toute cette bizarrerie. Au fond, je ne comprends pas pourquoi je veux mourir. Il faut que j’essaie quelque chose, voilà tout. J’ai pris une écharpe et je l’ai mise dans mon sac. Je ne sais pas encore où j’essaierai de l’accrocher pour y pendre mon cou. Pendant les récréations, je m’ennuie énormément. Il m’arrive de me mettre dans un coin et de ne rien faire. De temps en temps, je joue avec d’autres élèves. Il y a une fille de ma classe que je trouve très belle. Comme moi, elle court très vite quand il le faut. Un jour, j’ai triché. J’ai caché sous la table un cahier ouvert sur mes genoux. Je ne sais même plus si j’ai réussi à m’en servir. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’un autre élève m’a vu et l’a dit aux autres à la récréation. J’ai eu honte, alors je n’ai plus jamais triché. L’écharpe que j’ai dans le sac ne peut pas tricher. Pour une fois, je vais être dans le vrai et ça me réjouit presque. L’étude surveillée se termine bientôt. Bon, comme ma décision de mourir est prise, je peux repousser mon acte d’un jour. J’ai encore des choses à raconter. »

« Je ne me suis pas encore pendu. J’aimerais encore écrire. Avant-hier, j’ai parlé d’Estéban, de Lucas et de Faysal. Je me sens proche d’eux. C’est peut-être la crasse, le silence et la violence qui font qu’on se retrouve tous les quatre ici, à faire semblant de travailler. Estéban est en train de découper discrètement sa gomme sur ses genoux. Faysal doit être en train de dessiner des femmes nues, comme souvent. Lucas dort, la tête posée sur ses poings fermés. Et moi, j’écris, en faisant semblant de recopier le passage d’un livre. Une idée me vient. Je laisserai ce cahier dans le casier sous la table. Je ne l’ai pas dit, mais je suis en train d’écrire dans mon cahier de brouillon qui est presque neuf. J’ai commencé l’autre jour sur une nouvelle page. Je regarde tout ce que j’ai déjà écrit et je me dis que ça fait déjà beaucoup. On me dit toujours que j’écris bien, que j’ai même un don pour écrire, mais que je n’en fais qu’à ma tête. C’est vrai, j’écris quand c’est nécessaire, c’est-à-dire en ce moment. En tout cas, c’est la première fois que j’écris comme ça. Ça vient tout seul. »

« Avec mes copains, j’ai fait beaucoup de choses : du vélo, des bains dans la rivière, des cabanes dans les bois. Je pense en particulier à une cabane qu’on a faite sur un chêne penché au-dessus d’un champ de maïs qui lui appartient à la Suisse, si bien que lorsqu’on est dans la cabane au-dessus du champ, on est dans un autre pays ! C’est surtout Thomas qui l’a construite. Thomas, c’est le casse-cou du quartier. Il est toujours excessif, mais dans le fond, je sens qu’il ne comprend rien, comme moi. Je réalise qu’il y a peut-être beaucoup d’enfants ou d’adultes qui ne comprennent rien. Il faudrait qu’un jour tout le monde le dise. »