Pablo Gutiérrez

Pablo Gutiérrez est né à Huelva en 1978. Il a étudié le journalisme à Séville. Il a obtenu le Prix Tormenta qui salue le meilleur nouvel auteur de langue espagnole avec son premier roman Rosas, restos de alas. En 2001, il est finaliste du Prix Miguel Romero Esteo de dramaturgie avec la pièce de théâtre Carne de cerdo.
La revue britannique Granta le classe parmi les 22 meilleurs jeunes auteurs de langue espagnole.

Il vit à Cadiz où il est professeur de littérature.

Entretien

Comment as-tu connu la maison ?
C'est la traductrice du roman qui m'a contacté et m'a parlé d'elle.

C’est quoi l’amour pour toi ?
Quelquefois, une gêne, une dépendance difficile à surmonter et qui consume une tonne de ton temps et de tes préoccupations ; d'autres fois, en revanche, c'est la seule chose qui te maintient debout.

Que penses-tu de la mort ?
Je ne sais pas quoi répondre à cette question. Il n'y a pas à la prendre en considération. Elle est là, sans plus, dans notre dos. C'est comme si elle n'existait pas.

Qu’est-ce que tu aimes faire dans la vie ?
Cela va sembler frivole, mais bon allez : surfer. Je vis près d'une plage magnifique avec de bonnes vagues durant l'automne et l'hiver et c'est la cour de ma récréation.

Si tu pouvais tout recommencer, que changerais-tu ?
Trop de choses, j'en ai peur. Tout ce qui m'empêche de respirer et d'avoir du temps pour moi.

Crois-tu en l'homme ?
Je ne sais pas quoi répondre non plus, il me manque de la grandiloquence pour faire une grande phrase.

Qu'est-ce qui t'effraie le plus ?
Ce que mes enfants gardent dans leur tête.

Que penses-tu de la France ?
Beau pays à partir de 1789.

Que penses-tu de l'Espagne ?
Triste pays depuis 1939.

L'écrivain peut-il écrire tout ce qu'il veut ?
Moi (écrivain), je peux écrire ce que le temps et mes forces me permettent, et c'est toujours beaucoup moins que ce que j'aimerais.

L'écriture, une thérapie ?
Une thérapie, en plus d'autres choses moins agréables, mais oui c'en est une.

Que dirais-tu au lecteur ?
Enchanté et bienvenue dans mon monde.

Sentir avant d'interpréter ?
Peut-être, mais j'aime le théâtre.

Comment est né Rien n'est crucial ?
Après d'une longue bagarre avec mes souvenirs et, surtout, avec ma langue. Ajuster ces deux choses fut l'objectif et le sens du processus.

Radical ou modéré ?
Cela dépend de quoi il s'agit. Au travail (je suis professeur), j'essaie d'être équilibré avec mes élèves, si l'on parle du gouvernement, comme tous les espagnols, je me montre très dur, radical, jacobin.

Trois livres ?
Prenons la lettre k. L'immortalité (Kundera), Le Bouddha de Banlieue (Kureishi), Le grand cahier (Kristof).