Paris - Mexico D.F.

       Que faire quand les jours et les villes nous paraissent étriqués et qu’il est impossible de s’échapper, de voler, de partir loin ? Pour Arturo, la réponse réside dans la superposition de deux cartes qui lui donne la possibilité d’élargir sa vie et de la rendre plus intéressante.

        Le jeune homme travaille dans une pharmacie de la capitale mexicaine. Rêveur, il fait de ce lieu l’épicentre de sa création. Paris a une superficie de 105 km2, environ 7,5 % de la ville de Mexico. Dans ce nouveau Paris, ce Paris impossible mais non moins réel, cet épicentre se situe au cœur de la cathédrale de Notre-Dame. Commence alors une juxtaposition des deux villes : la Tour Eiffel se retrouve à l’intersection de l’avenue Reforma et Insurgentes, le Sacré-Cœur, en lieu et place du quartier de Tlatelolco, le bois de Boulogne coïncide parfaitement avec le bois de Chapultepec…
Arturo déambule dans les rues de Paris retranscrites dans la capitale mexicaine. Il nous embarque dans un monde halluciné, son monde à lui et l’on a la sensation de vivre dans un monde parallèle, nous démontrant qu’une ville imaginaire n’en est pas moins mémorable.

       Roberto Wong a réussi le pari fou de nous faire visiter Paris en marchant dans les rues de Mexico.
 

        Une voix très originale, des images puissantes, qui transporteront aussi bien les lecteurs en quête du petit quelque chose qui fait la différence que le plus grand nombre.

Avec ce premier roman Roberto Wong a remporté le prix du premier roman Dos Passos en Espagne.

 

Trocadéro - Champ de Mars - Tour Eiffel

Trocadéro - Champ de Mars - Tour Eiffel


Traduit de l’espagnol (Mexique) par Christophe Lucquin
Révision : Guillermo Alfonso de la Torre
1er septembre 2016 | 13 × 19 cm | 296 pages
22,00 € | 978-2-36626-112-7


À propos de l'auteur


Ils en parlent

 

Culture (Chambray-lès-Tours), David Goulois
« La littérature d'amérique latine propose souvent une littérature riche et singulière. C'est le cas avec ce superbe roman où le bracage avorté d'une pharmacie provoque des dégats dans la psyché de l'un des employés, imaginant une superposition de México et Paris pour une partie de leur superficie respective... Un drôle et étrange roman ! »

Librairie Charybde (Paris), Hugues Robert
« La carte rêvée, le territoire intérieur. La dérive poétique dans toute sa sombre puissance. » [lire la suite]

Librairie Bookstore (Biarritz), Aurélia Barrera
« Il y a quelque chose de Cortázar là-dedans... A la foi fou, pas si fou que ça, dérangeant, vrai, bien écrit, bien vu. Ne pas attendre de réponse, se faire les siennes, si vraiment on en ressent le besoin... Un roman surprenant car s'évader de sa vie peut parfois juste dépendre de la superposition hasardeuse de deux plans... »

Le Temps (Suisse), Isabelle Rüf
Paris Mexico District Fédéral est un objet hybride, un livre de dérives qui décolle par échappées d'une réalité effrayante. [lire la suite]

Espaces Latinos, Louise Laurent
« Le roman « Paris-Mexico District Fédéral » du Mexicain Roberto Wong sur les pas de Cortázar.
Ce premier roman d’un jeune auteur plus que prometteur, d’une construction très originale conduit le lecteur dans un Mexico réel qui se mêle aux rues et monuments de Paris grâce aux fantasmes d’un jeune homme qui peine à vivre dans la banalité... » [lire la suite]

Livrés à domicile (RTBF), Michel Dufranne
« C'est un objet littéraire non identifié ! [...] C'est vraiment un super roman ! » [vers 33'00"]

El invitado de RFI, Jordi Batalle
Pour ceux qui comprennent l'espagnol et ceux qui n'y comprennent rien, mais aiment se laisser bercer par cette langue un peu plus généreuse.

Jury du Prix Dos Passos du Premier Roman
« Nous avons là une voix nouvelle et audacieuse. Un langage brillant, des images puissantes et une approche intéressante de la violence et du sexe. Un roman sur la mélancolie, les désirs inassouvis et les dangers de la lassitude. »

El Cultural
« La voix de Wong est puissante. Les dialogues, les personnages, la violence omniprésente mais toujours stylisée, la même non linéarité de l’histoire, tout cela révèle un auteur plein de ressources, qui a beaucoup à raconter. » 

La Opinión
« Le roman de Roberto Wong est complexe et passionnant, impressionnant et amer. Il démontre avec ce récit qu’il est doté d’une maîtrise prodigieuse de la langue et d’une capacité stupéfiante d’observation, tant dans les ambiances où se développe l’action que dans le comportement humain. Un roman qui dévoile un grand écrivain. »

 

 

 

Extraits

 

        « J’ai d’abord cru que j’étais à plat ventre. Puis, je me suis rappelé que j’étais allongé sur le dos. J’ai respiré. Il y avait une douce odeur dans les draps. Une odeur fraîche de propre, d’adoucissant. L’idée m’est venue comme un écho : Paris a une superficie de 105 km2, ce qui correspond à environ 7,5 % de la ville de Mexico. Pour savoir à quel espace physique du District Fédéral correspond cette aire, il nous faudrait en définir un centre, le point initial depuis lequel il serait possible de délimiter cette extension.
       J’ai un oreiller sur le visage. J’ai pensé : relever les coïncidences des deux villes est possible à partir de la formule a = πr2. Si a est égal à 105 km2, une équation simple permet de trouver r, cela donne 105/π, c’est-à-dire 5,78 km. Il ne reste plus qu’à tracer le rayon résultant vers n’importe quel point cardinal et circonscrire son extrémité à partir du centre.
J’essaie de bouger les doigts. Paris a une superficie de 105 km2. Cela correspond à 7,5 % de la superficie de la ville de Mexico.
       J’ai superposé deux plans et j’ai commencé à calculer. Ensuite, j’ai choisi le lieu duquel tous les points sont équidistants : República de El Salvador, 96, Pharmacie Paris, épicentre autour duquel s’articule ma vie. À Paris, ce centre devrait se situer dans la cathédrale Notre-Dame.
        Le reste a été plus simple : superposer l’espace résultant et trouver les coïncidences. Parcourir dans le District Fédéral une série de coordonnées à partir de cette carte revenait à parcourir le Paris résultant de l’autre côté de la sphère. Un Paris impossible, mais pas moins réel. Une ville imaginée n’en reste pas moins mémorable. »

       « J’aurais aimé arriver à Paris dans les années vingt, quand il était encore possible d’acheter un billet de troisième classe dans un bateau qui pouvait prendre cinq ou six jours à traverser l’Atlantique. 
En tout cas, je suis ici. Tout système est un préambule, la génération d’un processus pour le développement de quelque chose qui peut être considéré, a posteriori, comme terminé. 
        Au début, je ne pouvais ni bouger les doigts, ni distinguer les sons. Je ressentais dans mes oreilles quelque chose de semblable au vide généré quand on y colle un coquillage. J’ai perçu le frôlement d’un tissu contre mon corps, après j’ai eu très froid. 
         J’ai respiré. Sur mes mains, j’ai senti la texture du sol. Ensuite beaucoup de choses se sont passées ou sont arrivées de nouveau. D’habitude j’aurais consacré mon temps à examiner les cartes, mais ce ne fut pas le cas  cette nuit-là : j’ai décidé de les parcourir de nouveau dans ma tête, encore et encore, toutes les choses, tous les lieux, tous les pas, les rues, les bars et les caresses. J’ai essayé de bouger mes orteils et j’ai pu le faire. Alors, je me suis réveillé, j’ai enlevé l’oreiller de mon visage et ce que j’ai vu en premier ce furent les lumières des réverbères de Paris qui se faufilaient entre les rideaux. Mes yeux ont mis du temps à s’habituer à la lumière. »

Arc de Triomphe – Champs-Élysées – Place de la Concorde

        « Tu observes le plan. Quand tu descends du métro, tu n’es pas étonné que ces deux stations coïncident : San Cosme / Charles de Gaulle – Étoile. Derrière toi, Circuito Interior 22 forme l’arc mentionné sur ton carnet.
          Sa construction a duré trente ans. Napoléon le fit ériger en l’honneur des hommes de Hidalgo23 tombés pendant la guerre d’indépendance. C’est le monument aux victoires des armées françaises, le monument au soldat inconnu. Deux fois par an, le soleil couchant s’aligne avec les ChampsÉlysées, et l’on peut apercevoir l’astre juste au milieu de son arc. Il n’existe ni à Constantinople ni en Italie une rue aussi bien rythmée et aussi hamonieuse.
           D’un côté se trouvent toutes les boutiques de luxe et de l’autre, des magasins de chaussures et de contrebande. En arrivant place de la Concorde, tu contournes quelques bazars pour traverser la colonnade qui débouche sur l’ensemble. L’allée qui mène au centre de la place est délimitée par de minuscules fontaines qui postillonnent des eaux troubles.
           Auparavant appelée place Louis XV, la place de la Concorde est la place la plus grande de Paris. Construite avant la Révolution française, c’est la dernière place royale qui, peu après, deviendra ironiquement le théâtre de la guillotine.
            
En son centre, Vicente Guerrero24 regarde en direction du nord-ouest, une épée à la main et des merdes de pigeon perlent sur son front. Tu traverses la place et pénètres dans le Colegio25, où devraient se trouver les tritons.            
           Au centre du fameux temple de San Fernando del Colegio de Propagación de la Fe, maintenant converti en cimetière, s’élève l’obélisque de Paris, colonne de vingt-trois mètres de hauteur qui se trouvait originellement à l’entrée du temple de Louxor, en Égypte. 
          Tu signes un registre d’entrée et tu avances dans un couloir qui mène au Panthéon des grands hommes. La ville meurt. À l’intérieur, on n’entend que le gazouillis d’oiseaux ahuris qui volent entre les branches de jacarandas et de frênes. 
         Le cimetière comporte deux fontaines construites sous le roi Louis-Philippe. Les motifs maritimes, tritons et Néréides, symbolisent le passé aquatique de Paris, ses milliers de canaux aujourd’hui à sec. »